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The Fullerton Incident

The Fullerton Incident

« Le « héros », qui n’est autre que… Michel Demuth (on le sait de par les indices  semés de page en page) revient après sa mort, à l’état de fantôme donc, hanter  son ex-femme. Il se retourne sur son passé, refait avec elle le film de son existence avant de se retirer, loin des siens, plus largement de l’humanité, et de se fondre dans une nature plus accueillante. » Richard Comballot.

The Fullerton Incident, dernier texte publié du vivant de l’auteur, est aussi son plus personnel.

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A l'est du Cygne

A l'est du Cygne

Le meilleur de Michel Demuth en dix-sept récits de science-fiction…

Recueil proposant le meilleur des récits de Michel Demuth, hors cycle des « Galaxiales », A l’est du Cygne se veut une photographie définitive et éclairée d’un parcours unique, cinquante ans de carrière d’un écrivain-éditeur qui « fit » littéralement la modernité du genre SF en France ; un jalon incontournable qui trouve ici, enfin, l’écrin qu’il mérite.

Il était temps.

Au programme :

• des préfaces signées Richard Comballot et Gérard Klein,

• dix-sept récits,

• un entretien,

• une bibliographie exhaustive.

Michel Demuth (1939-2006) est l’une des figures majeures de la SF française. En qualité d’écrivain, bien sûr — en témoigne la présente sélection —, mais aussi en tant que traducteur (on lui doit en français le Dune de Frank Herbert, Elric le Nécromancien de Michael Moorcock, ou bien encore 2001 : l’odyssée de l’espace, d’Arthur C. Clarke). Sans oublier son imposante activité d’éditeur — il dirigea la revue Galaxie, la collection « Galaxie-bis », ou encore le mythique « Club du Livre d’Anticipation ».

« … je l’avais immédiatement repéré comme écrivain et sans doute comme traducteur. Demuth avait du style, du panache… »

Gérard Klein

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Les Climats

Les Climats

Qu’est-ce qui pourrait bien troubler des vacances sur Bella, paradisiaque planète de villégiature recouverte de domaines reproduisant les différents climats de la Terre ? Peut-être une menace extraterrestre…  Une féroce race alien a été signalée dans les parages. Mais comment dénicher dans un coin de paradis un ennemi qui ne ressemble à nulle autre chose que des feuilles mortes ?

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Les Années métalliques

Les Années métalliques

Depuis trois siècles, aucun humain n'a plus foulée le sol de la Terre Maternelle. Abandonnée par les hommes, la planète n'est plus occupée que par les machines intelligentes qu'ils ont construit pour le servir et qui continuent leur absurde besogne, année après année, rendant la planète inhabitable. Telle est la mission du Tacticien-Astucieux Heltreb : anéantir les machines pour rendre à l'humanité son berceau, et mettre fin aux années métalliques...

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Translateur

Translateur

Sarego Witz est l’un des cinq Translateurs que compte la Galaxie. Avec l’aide d’un symbiote mystérieux, le Bleuté, un nuage de cristaux azurés, Witz peut se déplacer instantanément à travers la Voie Lactée. Lors d’un naufrage de vaisseau spatial, c’est à lui que l’on fait appel, car seul un Translateur est apte à effectuer le sauvetage d’un vaisseau en perdition. Sa nouvelle mission : secourir l’équipage de L’Unitaire du côté de 45 Cygni…

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Mnémonique

Mnémonique

Sarego Witz est désormais Translateur-explorateur. Le voilà contacté par l’entreprise Fontaine, une compagnie de transports touristiques dont le directeur a trouvé la mort lors d’une expédition dans les Chapelets de Borgia, une zone de la Galaxie peuplée par les Sacs. Les Sacs, d’immenses outres gazeuses dont les entrailles projettent des visions fantastiques, propres à exciter la convoitise de certains, et dont Witz devra résoudre le mystère…

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Nocturne pour démons

Nocturne pour démons

Dans la Cité, il n’est d’organisation plus mystérieuse que la Ligue de la Nuit, qui promeut la liberté sous toutes ses formes. Cette Ligue, Benjad Arglider veut à tout prix l’intégrer. Pour ce faire, il doit passer une épreuve : tuer un démon. Après tout, les démons ne doivent-ils pas être tués ? Commence alors pour Arglider une quête hallucinée qui va le mener aux tréfonds du palais de l’Omnipotent, jusqu’au plus près d’une vérité qu’il n’aurait jamais imaginé.

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La Route de Driegho

La Route de Driegho

« L'espace dans le secteur d’Ophiuchus, n’était qu’un vaste poudroiement de soleils, un enchevêtrement de rayonnements et d’incandescences où les différents vaisseaux, en route vers Anaël, Félice ou la Nouvelle-Thuringe, étaient difficilement décelables. »

À bord de leurs deux vaisseaux, Azio et Richard filent vers la planète Griche, dont la capitale, Driegho, attaquée de l’extérieur par des conflits et minée de l’intérieur par une révolution, est sur le point de tomber. Une aubaine pour les deux récupérateurs. Mais leur chemin croise celui d’un vaisseau à l’équipage de pirates aussi libertaires que joueurs, ce qui pourrait bien changer la donne…

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À l’est du Cygne

À l’est du Cygne

Basil Coria a été envoyé, pour un voyage sans grande probabilité de retour, vers le système de Sigili, quelque part à l’est du Cygne. Sur la quatrième planète de ce système solaire lointain, la figure du cygne possède une étrange prééminence. Les chétifs indigènes sculptent des oiseaux de pierre à l’image du gigantesque nuage gazeux en forme de cygne qui illumine le ciel nocturne. Une figure qui semble associée à la peur et à la destruction…

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Intervention sur Halme

Intervention sur Halme

Le Bureau d’Activités Diverses et le Groupe d’Intervention Universel se disputent la planète Halme, non pas à travers l’espace mais à travers le temps… Pour Loswald Pertch, projeté sur cette planète, il s’agit d’abord de sauver sa propre peau, et si possible, de préserver les intérêts du GIU et d’empêcher la destruction de la Terre dans quelque avenir potentiel…

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La Bataille d’Ophiuchus

La Bataille d’Ophiuchus

La bataille d’Ophiucus dure depuis près de deux siècles. Quand le vaisseau Rey-Hiroun fait escale sur Thiège II, c’est l’occasion pour l’équipage épuisé de se délasser et de profiter des plaisirs qu’offre la planète : repos, bonne chère, et femmes… Sway, le second du Rey-Hiroun, rencontre la jeune Criilje. Mais leur idylle naissante est contrariée par le départ prochain du vaisseau : la guerre continue de faire rage et impose aux équipages les dures conséquences de la relativité…

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Les Jardins de Ménastrée

Les Jardins de Ménastrée

Glément Mournier n’a qu’un but dans la vie : mettre fin à la dynastie des d’Immarsys, cruelle lignée qui règne non seulement à travers l’espace mais aussi le temps… Mais ç’est le moindre des problèmes pour Glément, qui est lui aussi un voyageur temporel. Plus ennuyeux pour lui, outre l’immoralité des d’Immarsys, est leur immortalité : comment tuer ceux qui sont déjà morts ?

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Lune de feu

Lune de feu

Le responsable de la fin du monde, c’est lui, Ludwig Rendhel. Par la faute de l’une de ses inventions, la lune s’est transformée en une sphère enflammée qui détruit la Terre le 12 août 1962. Voyageur du temps, Rendhel revient sans cesse en ce même après-midi pour prévenir la catastrophe. C’est toujours la même chose, c’est toujours la même journée, et la belle jeune fille est toujours la même…

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Exit on passeig de gracia

Exit on passeig de gracia

Miguel est photographe et vit à Barcelone avec ses deux amies, Lucia et Eulalia. Mais dans quel Barcelone ? Celui de 1910, où la Sagrada Familia est encore en construction et où Antonio Gaudi périra, victime d’un accident ? Ou bien celui de 1996 ? Tant tous les cas, « on » le poursuit.

Étrange course temporelle, composée de fragments comme autant d’instantanés, Exit on Passeig de Gracia est l’un des textes les plus personnels de Michel Demuth.

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À Mélodie pour toujours

À Mélodie pour toujours

Meurtrier, son châtiment sera des plus pervers. On l’a enfermé dans une matrice virtuelle, où il revit toutes les périodes les plus noires de l’Histoire, jusqu’à atteindre Mars, où il retrouve Mélodie. Mélodie Everett-Da Silva, la belle qu’il aurait voulu oublier et qui sera sa malédiction. Un hommage à Serge Gainsbourg.

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Stairways to hell

Stairways to hell

Ils sont trois, ils se prénomment Thomas. Déchus du Royaume, ils recherchent l'Amour. Le premier est en prison pour un crime raciste qu'il a bel et bien commis. À sa sortie, il fait la connaissance d'une amérindienne qui va lui montrer sa véritable nature. Car cet homme est aussi un loup, qui déambule dans les carcasses automobiles d'Extermination Highway. Le deuxième est médecin urgentiste à Paris. Alors que la crise conjugale guette, il découvre le petit monde interlope des catacombes et de des carrières. Là, il rencontre Maneki Neko, actrice porno et sorcière, grande spécialiste de la transgression. Le dernier est écrivain, du moins c'est ce que croit son entourage. En réalité, il s'agit d'un imposteur hanté par le fantôme de celle à qui il a tout volé, une certaine Eddie qui s'apprête à le guider jusqu'aux escaliers qui descendent vers l'enfer.

 

Thomas Day a trente et un ans. Né et vivant à Paris, on lui doit une bonne demi-douzaine de romans, dont L'Instinct de l'équarrisseur où il transforme Sherlock Holmes en psychopathe, et La Voie du sabre où l'on suit l'odyssée du rônin Miyamoto Musashi et de son élève dans un Japon qui ne fut jamais. Son dernier ouvrage L'École des assassins (écrit en collaboration avec Ugo Bellagamba) est une brillante tentative de manga littéraire. Étrangers à toute concession, ultra-violents, pornographiques, les trois longs récits de Stairways to Hell sont à l'œuvre naissante de Thomas Day ce que Les Livres de sang sont à celle de Clive Barker — un summum de brutalité.

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Extermination Highway

Extermination Highway

Thomas est en prison pour un crime raciste qu'il a bel et bien commis. À sa sortie, homme nouveau, il fait la connaissance d'une Amérindienne qui va lui montrer sa véritable nature. Car Thomas est aussi un loup, qui déambule dans les carcasses automobiles d'Extermination Highway. C’est là qu’il trouvera, peut-être, sa rédemption.

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Dirty Boulevard

Dirty Boulevard

Thomas est médecin urgentiste à Paris. Alors que la crise conjugale guette, il découvre le petit monde interlope des catacombes et de des carrières. Là, aux tréfonds de l’underground parisien, il rencontre la diabolique Maneki Neko, actrice porno et sorcière, grande spécialiste de la transgression.

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Punishment Park

Punishment Park

Thomas est écrivain. Du moins, c'est ce que croit son entourage. En réalité, il s'agit d'un imposteur hanté par le fantôme de celle à qui il a tout volé, une certaine Eddie qui s'apprête à le guider jusqu'aux escaliers qui descendent vers l'enfer.

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Zombies, un horizon de cendres

Zombies, un horizon de cendres

« Quand il n'y a plus de place en Enfer, les morts reviennent sur Terre. »

Premier jour : Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe avant de poursuivre votre route. Jusqu'au moment où vous réalisez que le voisin en question est décédé depuis des semaines...

Troisième jour : Vous ne décollez plus de la télé, qui enchaîne les émissions spéciales : partout dans le monde les morts se réveillent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants...

Cinquième jour : Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...

Huitième jour : Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l'ignominie qu'elle appelait « maman ». Derrière vos volets cloués, alors que le chien ne cesse de geindre, ils rôdent.

Neuvième jour : La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant... Ils sont désormais des millions et vous ne vous posez qu'une question : mon monde n'est-il pas désormais le leur ?

Jean-Pierre Andrevon est né à Bourgoin-Jallieu en 1937. Il publie son premier roman, Les Hommes-machines contre Gandahar, en 1969 chez Denoël. C'est le point de départ d'une œuvre protéiforme très engagée, un parcours dense et unique dans les domaines de la science-fiction, du fantastique ou du thriller.

Avec Zombies, un horizon de cendres, texte choc hommage au Dawn of the dead de George A. Romero ainsi qu'au célèbre roman Je suis une légende de Richard Matheson, Jean-Pierre Andrevon nous offre une fin du monde qui, au-delà de l'horreur, se révèle une tranchante analyse de l'altérité doublée d'un regard sans concession sur les maux de la modernité.

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Le Serpent à collerette

Le Serpent à collerette

Au pays des Forêts Secrètes se trouvait jadis, en bord de mer, une petite ville austère et gaie nommée Gurmance. Les maisons, blanchies à la chaux, avaient des colombages de couleur, des fenêtres aux carreaux minuscules, des balcons fleuris de colchiques et des toits dont les tuiles vertes luisaient au soleil. Des ruelles pavées de galets serpentaient entre le vieux port, la place des kermesses, l’hôtel du bourgmestre et la chapelle des Trépassés. Et, dans les cent boutiques qui s’y égrenaient, on vendait de la céramique, du drap, des sarcloirs, du pain bis, des ex-voto, des tranches d’espadon et des poupées de cire.

L’une de ces maisons avait été baptisée la Chaumière Bleue, car, bien qu’arborant des poutres d’un bel azur, elle était couverte non de tuiles mais de chaume. Un marin pêcheur, Renaud des Îles, y vivait avec sa famille. Ses ancêtres, venus des archipels de la mer des Glaces, s’étaient installés à Gurmance un siècle plus tôt. Avec sa barbe blonde et son teint brûlé par le soleil, c’était un homme de cœur, qui affrontait les épreuves de la vie avec un sourire inaltérable. Tout le monde, en ville, savait qu’il était bon époux, bon père, et que pour soutenir un ami en péril, il n’eût pas hésité à défier jusqu’au dragon des Sept Gouffres.

Sa femme s’appelait Annelore. Aussi brune qu’il était blond, gracieuse à ravir, elle passait, selon la loi des femmes de pêcheur, de longues journées à l’attendre, tandis qu’il traquait en mer le congre d’argent et le saumon d’or. Pendant ce temps, pour ne pas penser aux récifs ni aux tempêtes, elle laissait ses doigts courir, inlassables, sur son métier de dentellière. Et, qu’on lui commandât napperons, bonnets, mouchoirs ou tabliers, elle les ornait de motifs si admirables qu’on repartait de chez elle ébloui, en répétant à la ronde qu’elle était la plus habile brodeuse du canton.

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Mérélune

Mérélune

La mer est bonne sorcière. Elle perd l’homme qui la sert.

À Raïmo le pêcheur, elle donne des congres, des baudroies, des langoustes. Du fil à retordre, surtout. À longueur de journée — la nuit aussi, parfois —, il trime sur son bateau, tire sur ses filets, joue de la voile et de la rame, défie eau, sel et vent, durcit ses muscles en un corps à corps qui n’en finit pas. Elle, en échange du poisson qu’elle lui accorde, lui prend sa jeunesse, mois par mois, sans qu’il s’en aperçoive, sinon quand il rentre chez lui, le soir, dans sa maison aux pierres couvertes de lichen.

Sa jeunesse… Il va sur ses quarante ans, bientôt. Boiteux de naissance, il n’a pas trouvé les mots pour dire aux filles du pays que, faute de savoir danser, il avait le pied marin et de l’endurance pour deux. L’une après l’autre, elles en ont choisi de plus beaux. Alors, par les aubes claires de juin, il prie en secret Mérélune, la Dame du fond des eaux, de lui envoyer une femme?: une épouse qui l’aimerait, tiendrait son foyer, s’inquiéterait devant un ciel trop noir, se signerait les jours de tempête?; et, avec elle, un fils à qui il apprendrait à naviguer, à remonter les courants, à lancer un filet sur un banc de maquereaux…

Mais rien ne vient. Dans les grottes liquides des profondeurs, la Dame des légendes reste indifférente à sa supplique. Il sait bien, d’ailleurs, qu’il est dangereux de l’invoquer. Aux hommes qui lui déplaisent, ses doigts transparents lancent parfois des sorts. De ceux dont on ne parle qu’à voix basse…

Des sortilèges de verre.

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La Nouvelle Alice

La Nouvelle Alice

Un beau dimanche de juin, peu après son retour d’outre-miroir, Alice fut invitée chez son oncle Donatien-Alphonse, marquis de S., qui venait d’acquérir dans le Cheshire un manoir entouré de sulfureux ombrages. Sous les dorures de la salle à manger, entre des tapisseries figurant les ébats des satyres et des nymphes, un délicieux repas lui fut servi : une terrine de lapereau Attila, un agneau tendre comme une fossette de bébé, un apple-pie Messaline nappé d’un coulis si parfumé qu’elle en reprit trois fois. Presque aussitôt, pourtant, elle sentit que la tête lui tournait et demanda que l’on ouvrît un peu la fenêtre.

« Le déjeuner est fini, observa son oncle. Jusqu’à l’heure du thé, tu peux t’amuser à ta guise… Moi, je vais m’accorder une petite sieste. »

Là-dessus, il gravit l’escalier de marbre qui menait à sa chambre, suivi par un robuste garde-chasse et deux servantes d’une figure exquise.

« C’est singulier ! songea Alice. Pourquoi lui faut-il tant de monde pour une simple sieste ? »

À vrai dire, elle était un peu déçue de se voir ainsi abandonnée. Mais, en petite fille bien élevée, elle garda ses réflexions pour elle. Puis, ayant cherché un instant comment égayer son après-midi, elle se prit à frapper joyeusement dans ses mains.

 

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Peinture de nuit

Peinture de nuit

Au-dehors, la nuit gronde. Les cieux se délitent. La pluie tombe avec une obstination mauvaise, changeant les rues en bourbiers, grêlant la surface des canaux, pénétrant fenêtres et toits. Dans les bas quartiers, de rares passants cahotent entre les flaques. Çà et là, un néon clignote, puis s’éteint. Mais personne ne lui accorde un regret : on fuit la tourmente, on se terre dans les maisons. L’ombre et l’orage pèsent depuis si longtemps qu’il semble que le soleil ne se lèvera jamais. Plus d’aurore. Plus de jour. Des ténèbres striées d’eau jusqu’à la fin des temps…

 

« Et le bleu du ciel, alors ? » s’enquiert le berger Tircis, adossé à une souche, les jambes croisées dans l’herbe fraîchement peinte. « J’aimerais bien le voir, tout de même ! Quand vas-tu t’y attaquer ? »

Ses cheveux gris en bataille, Albrecht ne répond pas. Du bout du pinceau, il achève de fignoler une pâquerette, histoire d’éclairer un peu le tableau. Puis il se recule et considère son œuvre. Ah, retrouver la grâce des pastorales d’antan… La pièce est extrêmement sombre, et les journaux qui colmatent la lucarne n’arrangent rien. D’ailleurs, quelle lumière attendre de l’extérieur ? L’averse a eu raison du réverbère du coin. Quant à la lueur des éclairs, elle détruit tout ce qu’elle touche.

Ma chandelle est morne,

Je ne vaux pas mieux.

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La Gantière et l’équarisseur

La Gantière et l’équarisseur

Au début des années 1900 se trouvait dans le vieux Chaumont, à quelques rues de la basilique Saint Jean-Baptiste, une boutique de frivolités, Au Fil des Jours, tenue par une certaine Mme Margaux. Celle-ci, la cinquantaine phtisique, toujours vêtue de mauve, passait pour un peu sorcière. Toutefois, entre les foulards et les gants, les guipures et les éventails, elle vendait de si belles choses que les dames de la bonne société saisissaient le moindre prétexte pour franchir le pas de sa porte.

Son unique employée était une jeune fille de vingt-deux ans, Cyprène Tilleul : aînée d’une famille de treize enfants, dont un idiot, elle avait dû travailler très tôt dans une de ces ganteries qui faisaient la renommée de la ville. Jusqu’au jour où Mme Margaux, ayant remarqué son courage, son joli minois et ses talents de cousette, lui ouvrit sa boutique où elle ne tarda point à la traiter comme sa fille.

Dans le tourbillon des rues marchandes, la gantière, svelte et gracieuse, très brune, les yeux vifs, aurait facilement pu trouver un époux. Bottiers et ébénistes ne demandaient qu’à lui conter fleurette. Mais ses frères et sœurs coûtant cher à nourrir, elle songeait plus à l’ouvrage qu’à la bagatelle. Le seul qui aurait pu lui plaire, d’ailleurs, un robuste gaillard nommé Roger Brisecorps, avait une réputation redoutable : à vingt-huit ans, il écumait les bistrots avec une bande de vauriens ; on le disait mêlé à plus d’un mauvais coup ; et, lorsqu’elle le rencontrait, il avait beau lui décocher un regard bleu roi, il ne daignait pas lui adresser la parole : que la cause en fût l’arrogance ou la boisson, elle se hâtait de passer son chemin.

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Rire de verre

Rire de verre

Mille huit cent soixante-cinq fut une de ces années bénies où, si l’on en croit les livres d’Histoire, il ne se produisit rien de notable : ni guerre, ni révolution, ni assassinat de tête couronnée, ni incendie ravageant la capitale — rien. Le Second Empire se contentait de briller de tous ses ors. Et, pour que les Parisiens se croient promis à un bonheur sans fin, l’été, lumineux, embaumait la cannelle et le mimosa.

Simon Piérac, trente ans, joli garçon, vivait dans une mansarde assez spacieuse pour qu’il s’y sentît à l’aise, et suffisamment isolée pour que nul ne s’interrogeât sur ses habitudes. Au milieu d’un mobilier sommaire, quoique de bon goût, le seul objet remarquable était une grosse malle aux bois arrondis, aux cuivres luisants, où il rangeait ses trésors avec méthode.

Acteur manqué, le physique ne compensant pas toujours l’absence de relations, il travaillait comme accessoiriste au théâtre des Privilèges sous les ordres de la redoutable Mme Olympe, costumière en chef : une matrone à la voix de stentor et à l’imposante coiffure queue-de-vache. Face à elle, il s’astreignait à se montrer efficace, docile et surtout respectueux. Ce qui n’empêchait pas l’autre de le rabrouer à tout propos. L’hiver précédent, pourtant, clouée au lit par une forte bronchite, elle dut se résoudre à lui confier sa clef de la Réserve, à la condition expresse qu’il la lui rende dès son retour. Accueillant cette marque de confiance avec l’humilité requise, il s’en montra digne en tout point. À ceci près que s’il restitua bien la clef, il prit soin d’en garder un double, fabriqué à la hâte par un serrurier complaisant.

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Peter Paon et la fée Crochette

Peter Paon et la fée Crochette

Peter Paon et la fée Crochette sont tous deux nés d’une coquille : non point un riche coquillage entouré de tritons et de néréides comme la Vénus de Botticelli, mais plus modestement une coquille d’imprimerie qui, pour minime qu’elle fut, n’en eut pas moins des conséquences désastreuses.

On était en 1925. Un petit éditeur de Rocambourg-sur-Loir s’apprêtait à publier une traduction — officieuse — du Peter Pan de J. M. Barrie. Il en confia le manuscrit à Léon Grimaz, imprimeur de la région, qui, peu stimulé par ce texte pour enfants, chargea son apprenti d’en réaliser la typographie. Celui-ci, un frais jeune homme du nom de Nicaise Tourtelier, s’acquitta de sa tâche avec le plus grand soin. Quelques jours plus tard, rose d’émotion, il apporta à son patron le premier jeu d’épreuves.

Quand le placide Léon Grimaz les eut examinées, il entra dans une colère épouvantable.

La première erreur, déjà fâcheuse, portait sur le titre : le nom du héros était orthographié, non Peter Pan, mais Peter Paon. Quant à la deuxième, elle passait les bornes : tout au long du texte, la charmante fée Clochette se voyait affligée du pire des sobriquets.

« Elle ne s’appelle pas Crochette ! hurla-t-il au pauvre Nicaise, terrifié. Mais Clochette : comme une cloche… Cloche que tu es !…

— Faites excuse… Je… Il y avait… ce capitaine Crochet… J’ai cru que…

— Imbécile ! Même pas fichu de lire un bouquin pour les gosses. Et ça veut devenir imprimeur ! Répare-moi ce gâchis d’ici demain. Sinon… la porte ! »

 

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Le Cœur à trois temps

Le Cœur à trois temps

Au pays des Forêts Secrètes se trouvait jadis, au pied des montagnes, un bourg pieux et cossu du nom de Bilgors. Les maisons, bâties en sapin, étaient laquées de blanc, avec des balcons dentelés, des volets roses, bleus, mauves et des toits d’ardoise. Un gave, où nageaient des truites à ocelles et des barbeaux-chats, l’arrosait de ses eaux sauvages.

À cette époque, la coutume voulait que l’on associât au nom de chaque enfant celui d’un oiseau, qui en devenait alors le protecteur. Un petit garçon fut ainsi baptisé Jean-Courlis, en l’honneur du courlis cendré qui visitait parfois le jardin de ses parents. À vrai dire, son père eût préféré l’appeler Jean-Courage, histoire de lui inculquer d’héroïques vertus. La tradition ne le permettant pas, il dut se contenter de cette demi-mesure. Mais il ne le pardonna ni à la mère — une jolie brune du nom de Marie-Mouette — ni à l’enfant lui-même. Lorsque, six mois plus tard, il s’amouracha d’une danseuse de corde, il déclara qu’il refusait d’élever un mioche affublé d’un nom si ridicule. Là-dessus, adieu famille : il s’envola dans les jupons de la créature et on ne le revit jamais.

Marie-Mouette, aussi adroite que gracieuse, mania le fuseau sans relâche pour donner une enfance convenable à son fils. Celui-ci l’en récompensa en étant sage à l’école, en ne tombant jamais malade et — lorsqu’elle était triste — en lui chantant de vieilles romances. Voyant qu’il avait un don pour la musique, elle lui offrit un luth le matin de ses dix ans. De cela aussi elle fut récompensée, car il apprit très vite à en jouer — et avec un talent remarquable.

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Forêts secrètes

Forêts secrètes

Prix Masterton 2004

 

II y a ce serpent monstrueux qui, la nuit, visite les enfants et les terrorise. Il y a la solitude marine de Mérélune, le meurtre et ses atours de travesti. Il y a Alice et ses impertinences, Peter Paon et sa fidèle Crochette, nés d'une coquille d'imprimerie et qui mettront le monde à feu et à sang. Il y a les démons et merveilles, la cruelle poésie de Berthelot, son univers hors du temps au cœur de ses forêts secrètes.

 

« Berthelot en magicien des marges, convoquant le viol, le crime, la souffrance, les amours déçues ou déchues, mortelles ou perverties, l'errance ou la folie, le chaos des cœurs et des âmes, l'hésitation sexuelle, la transgression punie par une mutation des corps, l'art associé à la déviance, l'intolérance face à toute différence, comme autant de thèmes qui tissent toute son œuvre, cette œuvre que portent des héros maintenus en permanence sur le fil dangereux de l'équilibriste, entre leur attirance pour l'obscure ivresse de la chute et le désir d'un envol vers une rédemption solaire. » Joëlle Wintrebert

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946.

 

Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans les domaines de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

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Le Propagateur

Le Propagateur

Rien ne laissait présager, dans l’après-midi finissant d’un mois de juin ensoleillé, le drame qui devait conclure l’excursion du jeune couple amoureux de la nature. Florence Sabaune et Paul Muclaye avaient pratiqué l’ascension d’une des gorges du Caroux à partir de Colombières-sur-Orb, guetté les bouquetins en arpentant le plateau jusqu’au point de vue qui déployait à leurs pieds les charmes de la vallée en contrebas, et emprunté une autre gorge entre Saint Martin et Colombières pour rejoindre leur véhicule. Ils avaient marché d’un bon pas, s’étaient reposés dans des endroits permettant de profiter du paysage et se félicitaient du beau temps qui les avait accompagnés malgré l’annonce d’une météo maussade. C’était une balade des plus ordinaire, dépourvue du moindre désagrément, à l’exception d’une bonne et saine fatigue. Peut-être même celle-ci figurait-elle parmi les menus bonheurs de la journée, comme preuve du périple accompli, endolorissant juste ce qu’il fallait les muscles des jambes et du dos.

« Y’en a encore pour longtemps ? demanda Florence Sabaune en se grattant le bras.

— Pas vraiment. Après la rivière, on longe ce champ et on rejoint le sentier qui mène à la voiture. »

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