Joëlle WINTREBERT

Romancière, nouvelliste, journaliste, critique, anthologiste, scénariste, traductrice à l’occasion, voilà l’oiseau côté plume. Côté ramage, la passion du futur est le choc de ses dix-huit ans. Elle attendra quelques années avant d’oser vocaliser l’avenir à son tour. À l’orée des années 90, nouvelle gamme. L’aventure du roman historique. Une autre façon de chanter la révolte, d’explorer ces thèmes de la résistance, de l’Autre, du double, de l’identité sexuelle, du corps instrumentalisé, qui sont la chair marquée de ses livres. Les années 2000 la voient s’envoler vers de nouveaux espaces, de ceux que l’on dit border lines, quand le récit oscille entre onirisme, réalisme et fantastique. Elle vient d’en clore la première décennie avec un voyage dans le temps, la publication d’une œuvre de jeunesse, longtemps endormie, textes et photos réalisés avec Henri Lehalle, L’Amie-nuit. Des prix ? Quelques-uns : Rosny aîné 1980, 1988 et 2003, Grand Prix de la SF française 1989, Amerigo Vespucci 1993, Trophée Chêne 1995, Bob Morane 2010…

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Forêts secrètes

Forêts secrètes

Prix Masterton 2004

 

II y a ce serpent monstrueux qui, la nuit, visite les enfants et les terrorise. Il y a la solitude marine de Mérélune, le meurtre et ses atours de travesti. Il y a Alice et ses impertinences, Peter Paon et sa fidèle Crochette, nés d'une coquille d'imprimerie et qui mettront le monde à feu et à sang. Il y a les démons et merveilles, la cruelle poésie de Berthelot, son univers hors du temps au cœur de ses forêts secrètes.

 

« Berthelot en magicien des marges, convoquant le viol, le crime, la souffrance, les amours déçues ou déchues, mortelles ou perverties, l'errance ou la folie, le chaos des cœurs et des âmes, l'hésitation sexuelle, la transgression punie par une mutation des corps, l'art associé à la déviance, l'intolérance face à toute différence, comme autant de thèmes qui tissent toute son œuvre, cette œuvre que portent des héros maintenus en permanence sur le fil dangereux de l'équilibriste, entre leur attirance pour l'obscure ivresse de la chute et le désir d'un envol vers une rédemption solaire. » Joëlle Wintrebert

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946.

 

Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans les domaines de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

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La Créode

La Créode

Il rugit. C’était le dernier jeu inventé par les jeunes Ouqdar. Peu d’entre eux arrivaient à reproduire toute la gamme des sons émis par leur animal fétiche. Damballah seul en maîtrisait toutes les modulations.

Il rugit et son cri se répercuta longtemps de miroir en miroir avant de se briser sur les parois rocheuses. L’acoustique était parfaite dans le cirque désert. Damballah aimait s’y installer dès l’aube. À cette heure, il pouvait chevaucher ses rêves sans risque d’être interrompu.

Damballah rugit encore une fois. Pour le plaisir C’était le cri du lion blessé et le jeune Ouqdar était presque trop convaincant. Les hurlements sont des soupapes qui permettent d’exhaler bien des souffrances…

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Hétéros et Thanatos

Hétéros et Thanatos

L’haleine lourde du village s’exhalait en effluves épicés. L’air bougeait à peine. Dans les embrasures des portails, le crépuscule entassait des ombres. L’homme blanc s’arrêta devant l’entrée d’une masure. La porte s’ouvrit, avala prestement le visiteur. La nuit s’appropriait la rue.

 

 

« Assieds-toi, Sélénite. »

Acceptant l’invite de la femme, Sélèn — dit le Sélénite — s’installa dans un fauteuil aux courbes raides, adoucies par des coussins de plume. En face de lui, son hôtesse, très droite, serrait ses mains contre son ventre pour les empêcher de trembler. Sur le lit dont la présence massive mangeait le quart de la pièce, le compagnon de la femme attendait, recroquevillé. Par moments, un spasme d’inquiétude bouleversait son visage taciturne.

L’homme blanc se contraignit à ne pas sourire.

Tôt ou tard, tous, ils venaient à lui malgré leur répugnance. Il n’est pas de peur qui ne soit vaincue par le désir et la curiosité. Bien sûr, la première fois, c’était très difficile. Mais Sélèn savait attendre.

 

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Qui sème le temps récolte la tempête

Qui sème le temps récolte la tempête

« Ordalie, Ordalie », appela la mer.La mer immense et belle et douce. « Viens », dit-elle encore. » Viens noyer le feu qui te dévore au creux de mes eaux vives. Serre ton corps, tes poings, tes yeux, tes lèvres, et viens t’abîmer en moi. »

 

 

La flèche du gnomon marin étendait une ombre gigantesque et troublée vers le flotteur Ultime-du-Ponant. Le cockpit cristallin accroché au sommet de la haute tour fuselée frémissait sous l’étreinte des vents. Au centre de l’habitacle, oscillant avec lui, Ordalie contemplait la mer incandescente, irradiée par le soleil couchant. Jamais encore elle n’était venue aussi tard. La nuit tomberait vite, maintenant. Les risques allaient en être considérablement accrus. Un frisson courut le long de son échine. L’ombre de la peur ? En prendre conscience l’aiguillonna. Elle assujettit plus étroitement le symbiote derrière son crâne, riva le masque à son visage et appuya sur la commande d’ouverture du cockpit. En vain.

 

TEMPÊTE IMMINENTE – SAUT FORMELLEMENT DÉCONSEILLÉ – CASCADE INCONTRÔLABLE – JE N’ASSUME PAS LES RISQUES – TEMPETE IMMINENTE – SAUT FORMELL…

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Le Nirvâna des accalmeurs

Le Nirvâna des accalmeurs

Ses pensées s’étiraient en volutes, tournaient paresseusement dans sa tête comme un fluide un peu trouble. Léni oscillait au bord du monde qu’il lui fallait atteindre jour après jour pour gagner son pain, mais il ne réussissait pas à basculer dans son imaginaire, son esprit refusait de se convertir au vide nécessaire et Léni restait en retrait, hanté par La Voix.

Plaisir, le service télématique complexe auquel Léni se trouvait connecté, décida d’intervenir. Son baryton serein emplit les écouteurs de l’habituelle psalmodie douce :

« Calme calme calme. Relaxe. Relâche tout. Vide ta tête. Lisse ton visage. Détends tes yeux, tes mâchoires. Ton corps est chaud. Tes membres sont lourds, lourds… »

Les consignes physiologiques ne suffirent pas et Plaisir ajouta : « Fais-le pour eux. Tu dois leur délacer ton univers. Ouvre-leur la tendre poche marsupiale de tes rêves. Laisse-les se blottir en toi. Permets-leur d’oublier leur misère, d’accéder au nirvâna des accalmeurs, ce paradis sans lequel leur vie ne serait qu’un enfer… Voilà… C’est bien… Tu flottes. Ton corps anesthésié a perdu ses limites. Tu n’es plus qu’esprit, mental, images, flux d’images… »

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Le Verbiage du Verbic

Le Verbiage du Verbic

« Dieu de Dieu, dit l’enfant, tu ne crois tout de même pas que je vais voter pour ces ordures ? »

C’était dit d’une voix tranquille. Très, très définitive. La question était une réponse et une réponse négative. J’admirai Axel de garder son impassibilité.

« Écoute, ma choupinette, répondit-il — mais tout compte fait, son sourire était un peu crispé —, t’emballe pas et réfléchis un peu. Ces ordures, comme tu dis, c’est tout de même grâce à elles que tu te trouves au CEA, non ? Et si elles ne gagnent pas les élections, sais-tu que tu risques fort de te retrouver à la rue ?

– Parle pour toi, Axel. Tu sais très bien que dans trois mois, je suis vidée du centre. J’ai atteint la limite d’âge, pas vrai ? Stade Réinsertion Vie Sociale, alors tes marionnettes aux bouches sales et aux mots creux, tu peux te les mettre. J’en ai rien à foutre de voter.

– Mais, ma chérie…

– Ah, et puis cesse de m’appeler avec ces noms d’oiseaux ! Ma chérie par-ci, ma choupichose par-là, et puis quoi encore ? Je ne suis ni ta fille, ni ta femme, ni ta maîtresse, j’ai bientôt quatorze ans et un prénom : Myrtille. Il ne t’est pas interdit de t’en servir à l’occasion. »

 

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Il ne faut pas jouer avec les enfants

Il ne faut pas jouer avec les enfants

Dans la rue, les bâtisses ont des allures de concierges accroupies. Leurs faciès sont couturés de cicatrices et leurs bouches édentées exhalent des soupirs.

Tapies à croupetons dans des allures obscènes, loqueteuses, tavelées et soutenues de béquilles, elles cèlent dans une étreinte secrète un monde de cerveaux pourris à leur image.

 

 

Dans la rue, Marieke joue. L’enfance est reine et fait des plus pauvres lieux son royaume.

Dans la rue, Marieke joue.

Au-dessus de sa tête — qu’elle tient renversée en arrière, avançant en aveugle, un de ses jeux favoris —, le ciel en éruption écoule lentement sa lave.

Un bruit de pas. L’enfant redresse vivement la tête. Une grosse femme la croise en la dévisageant, l’air désapprobateur.

 

 

Marieke est jeune et belle. Treize ans. Encore enfant, déjà femme. Elle fait un pied de nez à la matrone, tire sur son pull trop court comme tout ce qu’elle possède — elle a beaucoup grandi ces derniers temps — et s’engouffre dans un nouveau jeu.

 

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Et après ?

Et après ?

« Omphale, ma douce femme aux cavernes profondes, comment les hommes t’ont-ils traitée pour que ton ventre demeure aussi stérile ? Pourquoi nos socs et nos semences n’arrivent-ils plus à féconder ton corps ? Qu’adviendra-t-il si se tarit le flux raréfié de tes eaux noires ?

« Omphale, femelle marâtre, tes lèvres avides nous dévorent, mais si tu cesses de remplir ton rôle de mère nourricière, la mort te prendra toi aussi, la mort blanche à l’affût sur la frontière, juste derrière la barrière d’oyats, la mort solaire, compagne du désert sans merci… »

 

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La Femme est l’avenir de l’homme

La Femme est l’avenir de l’homme

Elles ont ouvert ma boîte.

Les filles.

J’avais dit : on me réveillera le jour où la violence aura cessé de régir ce monde.

Quand je suis sortie de la phase cristalline, quand j’ai cessé de ressembler à une gourde engourdie (à mon âge, difficile de réapprendre à boire, à marcher, à pisser, à parler quasi une nouvelle langue), elles m’ont expliqué d’un air réjoui : le problème de la Terre, c’était les hommes. Nous l’avons résolu, il n’y a plus d’hommes.

Elles ont ajouté : tu es notre mère à toutes. La fondatrice de ce nouveau monde. Si tu n’avais pas trouvé les moyens de la parthénogenèse, la race humaine se serait éteinte, minuscule accident de l’évolution, arrivé au bout de son cul-de-sac.

Plus d’hommes.

Dans ma gorge, l’angoisse et le chagrin enflaient, douloureux, impossibles à déglutir. La parthénogenèse avait été conçue pour pallier le déficit des naissances de filles. On réserverait ainsi le clonage infiniment plus aléatoire et coûteux aux naissances de garçons, en attendant d’avoir résolu le problème de l’infertilité masculine, devenu critique dès le milieu du troisième millénaire.

J’avais été si sûre de moi dans les premiers moments de ma trouvaille. Si gonflée d’orgueil. Si persuadée d’être celle qui permettrait le sauvetage de l’humanité.

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La Journée de la guerre

La Journée de la guerre

« Non ! Je vous en supplie, pas elle ! »

Murmure. Il n’a plus de cris. Trop de douleur. Sa voix s’est cassée. Dans sa bouche, le goût du sang, âcre, rouillé.

Le grand sans oreilles se penche sur lui. C’est le pire : il affecte d’être gentil. Il secoue toujours la tête d’un air affligé quand ses acolytes torturent.

« Pas elle ? dit sa voix douce. D’accord. Mais tu nous dois des réponses. »

Idris s’agite dans ses liens. À quoi bon répéter pour la millième fois qu’il ne sait rien, qu’il ignore jusqu’au sens de leurs questions. Il répète, pourtant. De sa voix qui s’est cassée. Son chuchotement a la force d’un cri.

Peine perdue. Ils se sont mis à trois. Devant lui, ils la violent. Sa fille, sa Leïda, son bébé, la chair de sa chair. Onze ans à peine.

Il voudrait être aveugle. Il voudrait être sourd. Il voudrait être mort. Jamais avant ce jour il n’avait imaginé la mort comme une délivrance. La fin de ce qui n’est pas supportable. Est-il lâche de souhaiter le néant ?

 

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Pur esprit

Pur esprit

A quoi se raccrocher, dans le néant ? Lourèn Aditi n’est que pleurs, elle essaie d’imaginer la sensation des larmes sur ses joues, le nœud des sanglots qui étrangle sa gorge, mais elle n’a plus de joues ni de gorge.

Il lui semble entendre sa voix gémir : « Dieux de miséricorde, réveillez-moi de ce cauchemar. »

Sa voix, à l’intérieur d’elle-même.

Mais elle sait bien qu’il n’y a plus ni intérieur ni extérieur, qu’elle est désormais sans cris, qu’elle ne pourra pas appeler au secours, ni marteler la porte d’une prison matérielle, ni tambouriner jusqu’à l’arrivée d’un geôlier excédé.

Il m’a mise en réserve, se dit-elle, terrifiée. Il n’a tué que mon corps. Je suis sûre qu’il se sent à peine coupable. Qu’est-ce qu’un corps, sinon un amas de chairs reproductibles à l’infini ?

Peut-on survivre réduit à sa mémoire ? se demande Lourèn Aditi qui corrige aussitôt : ce n’est pas ma mémoire, non. Juste une copie. Kish Nergal, tu m’as bien assassinée, corps et âme. As-tu conscience d’être un meurtrier ?

Oui. Oh ! oui. « Ne m’oblige pas à te tuer », n’est-ce pas ce que tu disais ?

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Avatar

Avatar

Je la regarde. Elle est mon temple, et ma source, et l’autel de mon sacrifice. Je la regarde et mon ventre se tord et me brûle. J’ignorais avant de la trouver que l’amour c’était aussi la douleur.

Elle dort, mais jusque dans le sommeil elle ne connaît pas le repos. Ses membres ont le mouvement lent d’un grand poisson des profondeurs dans le sombre océan de nos draps bleu de Chine.

Elle est si blanche. Je tremble à l’idée de la perdre. Je rêve souvent que son corps tombe en cendres entre mes doigts. Elle boit mon cri sur ma bouche et me berce. Je suis forte, me dit-elle. J’ai survécu. Et maintenant, tu es là : rien ne peut plus m’arriver.

Elle dit cela, et ses yeux sont froids et solides, et je détourne mon regard. Je voudrais la croire. Natassia, ma survivante. Natassia, au nom d’emprunt choisi pour les faux papiers qui ont sauvegardé sa fuite. Natassia qui assure : je n’ai plus de nom. Ma vieille identité est restée là-bas, au Kazakhstan, avec mon sang et mes larmes.

Je regarde courir sur sa peau les serpents de nacre des cicatrices et je pleure, honteux de mon insistance, de ma volonté de tout savoir d’elle, jusqu’aux sévices passés. Je voudrais connaître l’identité de ses bourreaux, les traquer, puis les marquer un à un, comme ils ont marqué tant de petites filles, en promenant longtemps sur elles un fer rougi au feu.

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La Déesse noire et le diable blond

La Déesse noire et le diable blond

[Tu m’as tué.]

Les mots crépitent, s’estompent, reviennent, leitmotive obsédant.

[Tu m’as tué.]

 

Va-t’en, sale rêve ! Dégage ! Je dors ! Je dors ! Je dors ?

Ses bras, ses jambes, serrés, groupés. Position du fœtus. Autour d’elle, la douceur des draps entortillés. Tirer un pan de leur cocon jusqu’au crâne. Réfugiée. Protégée.

 

[Tu m’as tué.]

Ses mains se plaquent à ses oreilles. Impuissantes. La phrase accusatrice revient et cette fois se poursuit.

[Tu m’as tué, Andria Diou Del Logo. Sors de ce sommeil insupportable ! J’ai soif de tes sens. Je veux ta vie.]

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Hydra

Hydra

Hellas touche ses yeux, incrédule, terrifié de les trouver aussi secs que le corps de Lyse. Penché sur sa femme, il la fixe de ses yeux secs jusqu’à ce qu’ils le brûlent. Il voudrait pleurer, pleurer encore, arroser de ses larmes les seins, les épaules, le visage flétris de son amour perdu, mais il demeure immobile, courbé comme une pietà de plâtre, stérile, tari.

J’ai peur.

Le goût du sang vient sur sa langue et il s’aperçoit que ses dents ont scellé ses lèvres. Il n’a plus de bouche. Il ne veut plus avoir de bouche. Il doit réfréner les cris qui montent en lui. Il les mord avant qu’ils ne sortent.

Tais-toi, tais-toi, ou tu embrasseras la révolte et l’horrible folie te prendra, comme elle a déjà pris tes amis.

Il est vain de menacer le dieu impie qui vole toute l’eau de leurs femmes.

Dieu d’eau. Qui donne la vie, la mort et la folie.

Lyse, ne me laisse pas seul sur la rive, seul devant l’Autre, tout seul à décider de vivre ou de mourir.

Il soulève le corps dont il a tant aimé la souplesse et qui n’est plus que brindilles cassantes. Les bras de Lyse se ferment sur sa taille, ses yeux engloutis le fixent, sa bouche craquelée s’ouvre et, au fond de la cavité obscure, il voit la langue de sa femme bouger tel un animal prisonnier.

Deux mots chuintent, forcés contre le palais asséché :

« Emmène-moi. »

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Cendres

Cendres

Réfugiée dans ma case. Porte et volet fermés. Les ténèbres rabattues sur moi comme une chape protectrice. Je vous préviens, commandant, mon humeur est funèbre. Les hommes ! Votre rire résonne encore à mon oreille. » Vous avez peur de ces arriérées ? Elles ne s’apercevront de rien, je vous l’assure. »

Votre morgue n’a d’égale que votre infirmité à comprendre l’autre moitié de l’humanité ! Ces « arriérées » vous ont damé le pion, commandant. Il fallait réfléchir davantage à ce nom qu’elles ont donné à leur planète : « Cendres »… Vouer le passé aux flammes, ce n’est pas l’oublier.

Elles ont su tout de suite que le cristal greffé entre mes sourcils n’était pas un bijou scintillant. Vous serez sans doute déconfit d’apprendre qu’elles n’ont pas eu besoin d’exciser l’émetteur pour le neutraliser. Et guère plus heureux d’avoir trouvé ici matière à confirmer vos guerrières paroles : « Ça passe ou ça casse ! » Je vous ai détesté quand vous avez refusé de me fournir un autre système de com, mais elles l’auraient détecté : elles m’ont scanné entièrement. Elles ont extirpé l’enregistreur implanté dans mon bridge, et m’ont dit aussitôt, désinvoltes : « C’est l’affaire d’une heure, simple curiosité. Ensuite, on te le rend, puisqu’il ne permet pas d’émission à distance. » Je regrette que vous ayez manqué ce spectacle d’un ennemi à qui on a par négligence abandonné des armes et qui s’en réjouit. Je vous avais prévenu : si nous acceptons leurs consignes, pas d’infraction. Vous ne m’avez pas écoutée.

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Arthro

Arthro

Quand je me réveille, j’ai mal, et je trouve un goût de rouille à ma bouche. Je porte une main tremblante à mes lèvres, touche à la source de la douleur, la trouve chaude, poisseuse, palpitante. Je regarde mes doigts, rouges de sang. Mes oreilles résonnent. Juste avant que je sois arrachée aux bras de Niki, il y a eu ce bruit géant de papier qu’on froisse et qu’on déchire…

Nikola ?

Je me soulève sur un coude et le découvre, affalé dans un angle de la cabine. Il a les yeux ouverts. Sa tête forme un angle impossible avec son cou. Silence. Cette brutale absence de bruit est plus atroce que le son qui s’accrochait encore à mes oreilles. C’est une colle épaisse où je m’enlise. Mon cri de déni m’en délivre.

Pas Niki ! Pas lui !

Je rampe jusqu’à mon ami, tire son corps à la tiédeur trompeuse, son corps trop mou, privé de souffle, son corps déserté. Sur mes lèvres, le sel de mes larmes dilue l’âcreté de mon sang.

Hébétée, je reste de longs instants penchée sur Nikola avant d’entendre des appels inquiets, au loin, dans la coursive. La cloison m’offre un appui providentiel pour me lever. Toute entière concentrée sur la source des voix, sûre de trouver bientôt auprès d’elle un réconfort, je refuse de m’interroger sur l’inclinaison des murs. Par chance, la porte n’est pas bloquée. Je hasarde quelques pas qui chancellent, Maritza me cueille d’une main ferme.

« Zoé ! Merci mon Dieu, tu es vivante !

– Niki… Nikola… »

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Imago

Imago

Prisonnier. Comme jamais. Son esprit enfermé dans son corps, et ce corps dans le noir. Ses yeux sont-ils ouverts ? Ses tentatives pour cligner des paupières ont échoué. Il a essayé de bouger ses bras, ses jambes, s’est aperçu qu’il ne lui en venait rien de plus qu’une sensation de membres fantômes… Ont-ils osé l’amputer ? La terreur l’engloutit, brutale, aveugle. Il voudrait hurler mais sa gorge rétive n’émet que des sons étouffés, indistincts. Seul son odorat est intact, qui lui livre une odeur animale, suffocante. Son corps ? Ces relents douceâtres s’exhalent-ils réellement de sa chair ?

Bloque ta respiration. Tu es paralysé. Si tu vomis, tu vas t’étouffer.

Il ne vomit pas. Reprend son souffle. Au moins, il respire, il ne mourra pas tout de suite. Qu’ont-ils inventé pour le torturer ?

Réfléchis. Tu as toujours su ce qu’ils te préparaient. En t’évadant. Jusque dans le coma, ton esprit savait aller chercher de quoi préparer tes ripostes.

Pas d’évasion, cette fois. Pourtant son corps est en éveil. Et si déplaisantes soient-elles, des sensations en proviennent. Il s’est trompé. Il n’est pas paralysé. Sa carcasse est capable de reptation. Assez pour qu’il éprouve à nouveau l’envie de hurler. Il est enfermé dans une sorte de sarcophage. Il lui suffit de se tortiller pour en éprouver les limites. Il hoquette, la gorge sèche, sûr qu’il commence à manquer d’air.

« La peur est meurtrière, chantonne en lui la voix de Maître Tengri. La peur est meurtrière. Quelle est la réponse à la peur, Victor Itzamma ?

– Contrôle et projection.

– Ne l’oublie pas. »

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Alien bise

Alien bise

La planète luisait tel un saphir enchâssé dans la nuit. Massés devant le grand écran de la salle de contrôle, nous la regardions approcher.

« On dirait la petite sœur de Terra ! » s’est exclamé John Chamberlain d’une voix un peu rauque.

Nous avons tous hoché la tête. Notre pilote en second est une masse de muscles encline au romantisme ; pour une fois, son appréciation ne nous semblait en rien exagérée. La nostalgie nous serrait la gorge. Les années-lumière qui nous séparaient de notre système d’origine s’étaient abolies. Nous avions l’impression de rentrer chez nous.

Plus près, le globe azuréen s’est marqueté de bruns, de verts, de panaches immaculés. L’espace d’un instant, il a pris l’apparence d’une sphère-cocktail de Globe-trotter. À ce moment, j’aurais pu tendre la main pour le saisir et le gober.

Alors, sentir sa délicieuse explosion rafraîchir et picoter mes papilles, l’ivresse de la stimulation sensorielle s’emparer de moi, le flux et reflux des images, l’assaut des sensations surprises…

La planète a grossi dans l’écran de contrôle. Elle m’échappait. Quelque chose s’est crispé dans mon ventre comme je découvrais le dessin étranger de ses côtes.

Fermer les yeux, tenter de retenir l’image fallacieuse du monde originel. Trop tard. L’illusion s’est enfuie.

Dieynaba Diop a tourné vers nous son visage d’ébène aux traits de médaille précieuse. Pour être un as de la programmation, notre belle Africaine n’en est pas moins férue de culture antique. Elle a battu des cils avec ce naturel qui tour à tour m’agace et me ravit, puis elle a dit dans un souffle :

« Gaïa… Appelons-la Gaïa. »

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La Fiancée du roi

La Fiancée du roi

« Vous allez mourir, professeur Vargas. »

Voix neutre. Pas un regard au-dessus des lunettes étroites dont on disait au labo qu’elles étaient un truc pour se vieillir, pour se donner une apparence de sérieux. Rhadamante Eléazar affectait de lire les papiers sortis de son imprimante. Belle et froide « comme un rêve de pierre ». Mes collègues, qu’exaspéraient ses airs distants, la surnommaient Rad ou Nada. Moi, je jouais en secret avec la deuxième partie de son prénom impossible : trouverais-je en elle l’amante ou la mante ? Même à cet instant, Rhadamante me fascinait.

Je secouai la tête. J’allais mourir ? Elle allait me déchiqueter de ses pattes griffues ? Je plongeai dans ses yeux d’ombre. J’éprouvais une sensation de vertige. Je m’entendis répondre :

« Nous mourrons tous un jour, docteur Eléazar. Le plus tard possible. Et vous le savez bien, je suis en pleine forme. »

Je la dévisageais trop ardemment pour manquer l’éclair de compassion qui traversa ses yeux. Mon corps se glaça. Le sang battait à mes oreilles.

« Vous allez mourir, professeur Vargas. Pas dans cent ans. Dans six mois, neuf au plus. Tumeur cérébrale massive. Inopérable. C’est la cause de vos céphalées et de vos vertiges. »

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Hurlegriffe

Hurlegriffe

Hurlegriffe ! Ils m’appellent Hurlegriffe ! Les hommes. Ces créatures à l’odeur blanche, au bruit blanc et dur.

Annsyphar, ma planète, ma douce, ma clémente Annsyphar, ils ont violé ton sol, profané tes fluides ; et moi, moi qui me ranimais à ta source, leur coquille de métal hurlant a failli m’écraser. Mes petits s’étaient déjà enfoncés dans la vase ; ils termineraient leur croissance à l’abri. Moi, j’étais sans défenses, sans prises sur l’espace ni le temps. Un corps dépeuplé de lui-même, dépouillé de son énergie.

Je n’étais pas inquiet. Même les Tors, nos prédateurs les plus cruels, observent une trêve au moment de notre parturition. Ils attendent un cycle. Lorsque les trois Dar-di-Ann ont fini de se pourchasser dans notre ciel de nuit et que la lueur de Syphar les éclipse, les Tors attaquent. Avant, nous sommes des proies trop faciles.

Je ne maîtrisais plus l’espace ni le temps. Je n’ai pas pu leur échapper. Des créatures aussi chétives ! Me capturer ainsi. Et pourquoi, puisqu’elles ne voulaient pas me manger ?

 

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La Créode et autres récits futurs

La Créode et autres récits futurs

Le meilleur des textes SF de Joëlle Wintrebert : dix-neuf récits, un inédit, un Prix Rosny Aîné !

Avec un sommaire de dix-neuf nouvelles, La Créode propose une sélection courant sur plus de trente années de création littéraire. Un imposant volume qui ambitionne de présenter l’exceptionnel talent de Joëlle Wintrebert, l’un des tout meilleurs écrivains de science-fiction contemporains et l’une des rares femmes du domaine ; un recueil qui se veut avant tout une invite à la découverte d’une des œuvres les plus fascinantes de la SF moderne.

Au programme, donc :

• un avant-propos signé Yves Frémion,

• dix-neuf récits, dont un inédit et un Prix Rosny Aîné,

• une postface de Joëlle Wintrebert,

• une étude par Roland C. Wagner,

• une interview,

• une bibliographie exhaustive.

Née en 1949 à Toulon, Joëlle Wintrebert publie ses premières nouvelles à la fin des années soixante-dix, notamment dans l’anthologie périodique Univers, anthologie qu’elle dirigera d’ailleurs à trois reprises. Son premier roman, Les Olympiades truquées, paraît en 1980 — ouvrage qui décrochera sept ans plus tard, à la faveur d’une réédition, le prestigieux prix Rosny Aîné. Une vingtaine de livres suivront, principalement dans les domaines de la science-fiction, mais aussi dans ceux du fantastique ou encore du roman historique.

La Créode rassemble des récits jamais réunis, une sélection qui se veut le « best of » des meilleures nouvelles de science-fiction de Joëlle Wintrebert.

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La Créode et autres récits futurs

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Le meilleur des textes SF de Joëlle Wintrebert : dix-neuf récits, un inédit, un Prix Rosny Aîné !

 

Avec un sommaire de dix-neuf nouvelles, La Créode propose une sélection courant sur plus de trente années de création littéraire. Un imposant volume qui ambitionne de présenter l’exceptionnel talent de Joëlle Wintrebert, l’un des tout meilleurs écrivains de science-fiction contemporains et l’une des rares femmes du domaine ; un recueil qui se veut avant tout une invite à la découverte d’une des œuvres les plus fascinantes de la SF moderne.

 

Au programme, donc :

• un avant-propos signé Yves Frémion,

• dix-neuf récits, dont un inédit et un Prix Rosny Aîné,

• une postface de Joëlle Wintrebert,

• une étude par Roland C. Wagner,

• une interview,

• une bibliographie exhaustive.

 

Née en 1949 à Toulon, Joëlle Wintrebert publie ses premières nouvelles à la fin des années soixante-dix, notamment dans l’anthologie périodique Univers, anthologie qu’elle dirigera d’ailleurs à trois reprises. Son premier roman, Les Olympiades truquées, paraît en 1980 — ouvrage qui décrochera sept ans plus tard, à la faveur d’une réédition, le prestigieux prix Rosny Aîné. Une vingtaine de livres suivront, principalement dans les domaines de la science-fiction, mais aussi dans ceux du fantastique ou encore du roman historique.

 

La Créode rassemble des récits jamais réunis, une sélection qui se veut le « best of » des meilleures nouvelles de science-fiction de Joëlle Wintrebert.

 

« Superbe rétrospective pour les initiés, ce recueil se révèle également une excellente porte d’entrée pour le profane. Il était plus que temps de rendre hommage à l’un des plus grands auteurs de la science-fiction française, gardienne d’un univers très personnel aux thématiques savamment entremêlées. »

Tallis, Le Cafard cosmique

 

« On ne sort pas intact de la lecture de La Créode. Les mots sont redoutables. Poétiques, efficaces. Certains textes refusent de vous quitter. Certaines images s’incrustent durablement dans la mémoire. [...] La Créode, de ce fait est vivement déconseillée à quiconque cherche une lecture superficielle qui ne laisserait aucune trace. Pour les autres, curieux de découvrir ou de voir autrement l’imaginaire foisonnant de l’auteur de Chromoville, des Olympiades truquées, de Pollen, ce recueil mérite le détour. »

Ketty Steward, ActuSF

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Bifrost n° 44

Bifrost n° 44

Hellas touche ses yeux, incrédule, terrifié de les trouver aussi secs que le corps de Lyse. Penché sur sa femme, il voudrait pleurer, pleurer encore, arroser de ses larmes les seins, les épaules, le visage flétris de son amour perdu, mais il demeure immobile, courbé, une pietà de plâtre, stérile, tari. J'ai peur.

Le goût du sang vient sur sa langue et il s'aperçoit que ses dents ont scellé ses lèvres. Il n'a plus de bouche. Il ne veut plus avoir de bouche. Il doit réfréner les cris qui montent en lui. Il les mord avant qu'ils ne sortent. Tais-toi, tais-toi, ou tu embrasseras la révolte et l'horrible folie te prendra, comme elle a déjà pris tes amis. Il est vain de menacer le dieu impie qui vole toute l'eau de leurs femmes. Dieu d'eau. Qui donne la vie, la mort et la folie.

Lyse, ne me laisse pas seul sur la rive, seul devant l'Autre, tout seul à décider de vivre ou de mourir.

Il soulève le corps dont il a tant aimé la souplesse et qui n'est plus que brindilles cassantes. Les bras de Lyse se ferment sur sa taille, ses yeux engloutis le fixent, sa bouche craquelée s'ouvre et, au fond de la cavité obscure, il voit la langue de sa femme bouger tel un animal prisonnier. Deux mots chuintent, forcés contre le palais asséché :

« Emmène-moi. »

Joëlle Wintrebert

Hydra

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Forêts secrètes

Forêts secrètes

Prix Masterton 2005

II y a ce serpent monstrueux qui, la nuit, visite les enfants et les terrorise. Il y a la solitude marine de Mérélune, le meurtre et ses atours de travesti. Il y a Alice et ses impertinences, Peter Paon et sa fidèle Crochette, nés d'une coquille d'imprimerie et qui mettront le monde à feu et à sang. Il y a les démons et merveilles, la cruelle poésie de Berthelot, son univers hors du temps au cœur de ses forêts secrètes.

« Berthelot en magicien des marges, convoquant le viol, le crime, la souffrance, les amours déçues ou déchues, mortelles ou perverties, l'errance ou la folie, le chaos des cœurs et des âmes, l'hésitation sexuelle, la transgression punie par une mutation des corps, l'art associé à la déviance, l'intolérance face à toute différence, comme autant de thèmes qui tissent toute son œuvre, cette œuvre que portent des héros maintenus en permanence sur le fil dangereux de l'équilibriste, entre leur attirance pour l'obscure ivresse de la chute et le désir d'un envol vers une rédemption solaire. » Joëlle Wintrebert

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946.

Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans les domaines de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

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Les Olympiades truquées

Les Olympiades truquées

Vingt et unième siècle. Le monde occidental ronronne devant sa ration quotidienne de pâtée sportive. Dans les usines biologiques, on fabrique les nouveaux héros de l'Olympe, les nouveaux dieux du stade. Manipulations génétique ou dopages meurtriers sont le lot des champions.

 

Toute déviance ou dissidence est corrigée par des spécialistes. Le pouvoir médical est total. Malheur à celui qui n'est pas conforme à la norme. Une hormone, responsable de crises de folie meurtrière est synthétisée ; elle permet le déchaînement d'une formidable puissance... mais aussi une forme de dopage inédite et indécelable. Tant pis si les dosages ne sont pas tout à fait au point : on l'utilisera quand même lors des prochains Jeux Olympiques...

 

Dans ce monde truqué où la publicité déjante, deux jeunes filles, Sphyrène, la nageuse surdouée, et Maël, conçue par clonage, tentent de se réaliser. Leurs itinréaires se croiseront de façon explosive.

 

Il n’a fallu que quelque romans : Chromoville, Le Créateur Chimérique, Les Maîtres-feu — tous chez J’ai Lu — pour que Joëlle Wintrebert s’impose comme l’une des voix les plus originales de la science-fiction française. Sans oublier de se faire une place de choix dans le cercle exigeant de la littérature jeunesse, où ses ouvrages sont constamment réédités. Passionnée de sciences en général, de biologie en particulier, Joëlle Wintrebert porte le plus souvent sa réflexion sur les conséquences sociales des découvertes scientifiques et sur les problèmes d’identité sexuelle dans les sociétés futures ou étrangères.

 

Avec cette version remaniée des Olympiades truquées, elle s’attaque au problème du dopage dans le milieu sportif et à ses conséquences à court et à moyen terme sur l’organisme et le mental. Un roman qui n’a jamais été autant d’actualité.

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Étoiles vives 2

Étoiles vives 2

Vous êtes mort, vous faites tranquillement le tour de la petite ville où vous avez passé une partie de votre vie. Vous partagez un bon moment avec La Veuve de Charlie et en fait, à bien y réfléchir, tout irait bien si vous n'étiez pas poursuivi par une bête horrible, le Broyeur de Cadavres...

Dans un futur proche, une femme policier tente de comprendre les raisons d'un attentat près d'une école... Et si cette tragique affaire avait des racines bien plus profondes qu'on peut le supposer ?

Vous voilà prisonnière du Cyberspace, vous n'avez plus de corps. Serez-vous capable de n'être qu'un pur esprit ?

Un vieux médecin, dont les sudations éthyliques suffisent à vous anesthésier, vous arrache la moitié d'un ongle avec laquelle il va protéger la puce qu'il vient d'implanter à la base de votre nuque... Décidément il ne fallait pas manifester avec vos copains écolos, et surtout il ne fallait pas se faire embarquer...

Darrell Schweitzer et Jason Van Hollander, deux auteurs américains peu connus en France, ouvrent cette anthologie avec un texte de Fantasy très poétique. Suivent les textes de Science-Fiction de trois Françaises, Joëlle Wintrebert, Marie-Pierre Najman, Elisabeth Vonarburg et ceux de deux Anglais Nicholas Lezard et Eugene Byrne – auteurs révélés par la revue Interzone, comme il se doit. Le clou de ce volume ? Probablement la superbe novella de l'Américain Michael Swanwick, Radio Waves, récompensée par le World Fantasy Award 96.

Etoiles Vives ! Deux fois par an une sélection de textes de SF et de Fantasy écrits par les auteurs d'aujourd'hui et de demain.

Humour, aventures extraordinaires, dépaysement sont à chaque fois au rendez-vous.

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