Francis BERTHELOT

Né à Paris en 1946, Francis Berthelot se partage entre son métier de chercheur en théorie littéraire et sa carrière d'écrivain. On lui doit entre autres merveilles Rivage des intouchables ou plus récemment Nuit de colère, Forêts secrètes et Hadès Palace.

Francis Berthelot a derrière lui une longue carrière de chercheur au CNRS, d’abord en biochimie (jusqu’en 1989), puis en théorie littéraire, où il a plus particulièrement étudié les littératures de l’imaginaire. Essayiste aussi exigeant que passionnant, c’est un habitué des colloques et des collections universitaires.

Il a pris sa retraite en octobre 2007 pour se consacrer à son œuvre fictionnelle. L’écrivain s’est imposé auprès de la critique avec quatre romans qui explorent des styles aussi divers que le space opera, l’heroïc fantasy ou la psycho-fiction ! Il rejoint ensuite le groupe de la « Nouvelle Fiction » et œuvre à présent dans le domaine qu’il a baptisé « transfictions », zone frontalière entre les littératures de l’imaginaire et de la littérature générale.

Il a reçu de nombreux prix dont le Prix Rosny aîné du meilleur roman de SF et le Grand Prix de l’Imaginaire – excusez du peu ! – dans quatre des catégories : nouvelle, roman, essai et jeunesse.

On ajoutera que si Francis Berthelot est l’un des invités permanents des Imaginales, il le doit certes à son statut d’acteur majeur de l’imaginaire ; mais sa disponibilité, et sa chaleur communicative, en font un peu « l’ami de la famille » d’un festival qui a choisi de mettre la convivialité au cœur de son projet !

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Le Rêve du démiurge - l'intégrale 1/3

Le Rêve du démiurge

Le Rêve du démiurge - l'intégrale 1/3

« Par-delà sa conception soignée, Le Rêve du démiurge se révèle à de nombreux égards audacieux et d’une très grande richesse. La profusion de personnages qui se croisent et se retrouvent d’un volume à l’autre ne fait que mieux mettre en valeur les figures les plus fortes de son univers. Les manifestations fantastiques montrent une imagination fertile et une constante originalité d’inspiration. […] Les drames familiaux d’ampleur exceptionnelle abondent ; leurs protagonistes ne s’y réduisent pourtant pas, tortionnaires comme victimes ont conscience de leurs pulsions ou de leur condition, et seul le choix délibéré de la cruauté froide empêche la rédemption de certains. […] S’il est possible de lire ces romans isolément, les relations qu’ils tissent les uns entre les autres incitent puissamment à découvrir le cycle dans son ensemble. Il ne reste plus qu’à entrer dans le Rêve. » Extrait de la préface

Le Rêve du démiurge est co-édité avec Dystopia Workshop.

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La Symphonie inaccessible

La Symphonie inaccessible

« En même temps, son rêve se précisait : un prodigieux morceau de musique où s’uniraient instruments à cordes, à vent, à percussion, et qui traduirait de façon définitive les splendeurs de la Création. Il le percevait à travers une brume, entendait les bruits de la campagne– le bourdonnement des abeilles, le brame d’un cerf, le son ancestral des cloches — s’y ajouter un à un, transfigurés par son esprit en un ensemble rutilant. Mais lorsque vint la nuit, qu’il regagna la table où sa mère servait la soupe de pois chiches, il lui fallut en rabattre. Même si, au loin, hulottes et grillons continuaient à l’encourager, ce n’était là qu’un rêve. Merveilleux autant qu’inaccessible.

Et pourtant, sa décision était prise : dût-il pour cela vivre des siècles, il quitterait le champ de ses aïeux et deviendrait musicien. »

Une nouvelle où Francis Berthelot nous rappelle son amour de la musique et pose les bases de son album L'Inaccessible – ballet en cinq tableaux pour orchestre virtuel.

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Le Petit Cabaret des morts

Le Rêve du démiurge - 7

Le Petit Cabaret des morts

Eté 1988.

À Viervy, petite ville des Alpes, Yorenn et Romain Algeiba, sœur et frère acrobates, se vouent une passion excessive...

À Viervy, lieu de heurt du monde réel et de l’au-delà, vit Alvar Cuervos, fils d’un démon et d’une bohémienne, assistant du secret docteur Malejour.

À Viervy, l’amour qui naît entre Alvar et Yorenn, opposés à tout point de vue, engendre le drame : la jalousie destructrice de Romain, le délire de Malejour aveuglé par science et pouvoir, la duplicité d’Alvar, les violences de Yorenn déchirée entre des idéaux contraires, tout se ligue contre eux — et d’abord eux-mêmes.

À Viervy, les âmes des morts sont l’enjeu du conflit qui divise les vivants. La guerre s’installe, tributaire des passions des uns et des autres.

À Viervy, le merveilleux spectacle qu’Alvar monte dans son Petit Cabaret ne livre rien au public du drame qui se joue en coulisse. Combat des vivants contre les vivants, des vivants contre les morts, des morts contre les morts, l’affrontement finit par s’étendre aux forces telluriques...

Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, puis chercheur dans le domaine de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

Le Petit Cabaret des morts, qui s’inscrit dans l’immense fresque littéraire du Rêve du démiurge, est son onzième roman.

« Francis Berthelot réussit l’improbable alchimie de la dureté et de la poésie... » Bifrost

« Francis Berthelot cisèle son sujet avec une maîtrise de la langue diabolique. Il nous emmène dans un carrousel maléfique qui, à la fois, distille un malaise insidieux et déverse des images d'un romantisme exacerbé. Une réussite. » Jean-Claude Vantroyen, Le Soir

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Hadès Palace

Le Rêve du démiurge - 6

Hadès Palace

« Il y a dans l'univers de Francis Berthelot une immense angoisse ; mais portée par une telle innocence que toute la douleur de l'existence s'y trouve changée en pure poésie. » revue Europe

Paris, début 1979.

Maxime Algeiba est le mime-serpent, un jeune artiste au talent exceptionnel. Aussi est-il contacté par l'imprésario de l'Hadès Palace — demeure tentaculaire au luxe magnétique, palais prestigieux où les grands du monde se pressent pour assister aux représentations du gratin artistique international. Comment refuser pareille offre : un contrat au sein d'un lieu aussi mythique ? C'est un tremplin, une occasion inespérée. Pourtant, une fois logé dans les dorures du Palace, Maxime ne tarde pas à remarquer des faits étranges. Pourquoi ces hommes armés qui quadrillent théâtres et couloirs ? Et ce malaise qui pétrifie Maxime dès qu'il s'éloigne dans les jardins alentour ; cette terreur sourde qui paraît régner chez les artistes ; ou encore ces « trois cercles » évoqués à demi-mot par certains ? Des questions qui ne trouveront réponse qu'une fois percés les secrets enclos derrière le visage impénétrable du maître du Palace, Bran Hadès.

Mais à quel prix ?

Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans le domaine de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

Hadès Palace, récit subtil aux frontières du merveilleux et d'un fantastique des plus noirs, est son dixième roman.

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Le Cimetière des toucans

Le Cimetière des toucans

La ville de Veistos, placée sous le patronage de Saint Hubert, se trouvait à la jonction de trois forêts. Les deux premières, giboyeuses à souhait, étaient le lieu de prédilection des chasseurs. Celle du sud-ouest abritait des hardes de cerfs, de daims et de chevreuils : les gars l’appelaient avec cynisme le bois des Cuissots. Quant à celle du sud-est, qui regorgeait de lièvres, de levrauts et de lapins de garenne, ils l’avaient baptisée le bois des Civets.

La troisième, tournée vers le nord, portait le nom sinistre de Bered-Maa.

En raison d’obscures légendes, personne ne s’y aventurait jamais. Seul un sculpteur, Quentin, s’était installé à la lisière, dans une cahute qu’il avait bâtie de ses mains. Un refuge contre le désespoir : veuf, âgé d’une quarantaine d’années, il l’avait construite après la mort de sa femme et de leur jeune fils, emportés un hiver par la fièvre grise. Depuis, il y vivait loin du tumulte de la ville, cherchant dans l’art la force de surmonter son deuil.

Le pain lui était fourni par le frère du meunier ; le lait par une fermière du voisinage. Pour les légumes et les fruits, il se contentait de ce qui poussait dans son jardin. Il ne se ren-dait à Veistos que de temps en temps, pour y acheter vêtements, outils ou viande salée. Bien que peu loquace, il savait encore se montrer aimable. Les rides creusées par le chagrin ne lui avaient pas durci le cœur. Jadis, on s’en souvenait, il avait été un joyeux compagnon. Mais si on lui faisait bon accueil, c’était surtout pour son talent : il venait vendre sur la place du marché le produit de son travail – des objets devant lesquels les amateurs ne pouvaient que s’émerveiller.

Il ciselait des œufs. De la taille du pouce pour les petits, de la main pour les plus grands, il y sculptait des scènes d’une finesse admirable : qu’elles soient guerrières ou pasto-rales, elles semblaient plutôt tissées dans la dentelle que taillées au burin. Et l’on n’en finis-sait pas de s’ébahir devant une telle métamorphose de la matière en beauté.

La matière, certes… Mais quelle matière ?

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Carnaval sans roi

Le Rêve du démiurge - 8

Carnaval sans roi

Kantor, télépathe, a jadis perdu son pouvoir en sauvant un ami du "gel catatonique". Aujourd'hui, un psychiatre voudrait qu'il l'aide à soigner un patient très spécial : Alvar, le Gitan, dont le cerveau est possédé par cinq spectres. Son pouvoir restauré, Kantor entre dans l'esprit d'Alvar et affronte les intrus - une petite fille, un soldat, un couple de bardes, un acrobate - dont les conflits torturent le malade. Parviendra-t-il à arrêter cette guerre mentale, ce terrible CARNAVAL SANS ROI ?

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Le Serpent à collerette

Le Serpent à collerette

Au pays des Forêts Secrètes se trouvait jadis, en bord de mer, une petite ville austère et gaie nommée Gurmance. Les maisons, blanchies à la chaux, avaient des colombages de couleur, des fenêtres aux carreaux minuscules, des balcons fleuris de colchiques et des toits dont les tuiles vertes luisaient au soleil. Des ruelles pavées de galets serpentaient entre le vieux port, la place des kermesses, l’hôtel du bourgmestre et la chapelle des Trépassés. Et, dans les cent boutiques qui s’y égrenaient, on vendait de la céramique, du drap, des sarcloirs, du pain bis, des ex-voto, des tranches d’espadon et des poupées de cire.

L’une de ces maisons avait été baptisée la Chaumière Bleue, car, bien qu’arborant des poutres d’un bel azur, elle était couverte non de tuiles mais de chaume. Un marin pêcheur, Renaud des Îles, y vivait avec sa famille. Ses ancêtres, venus des archipels de la mer des Glaces, s’étaient installés à Gurmance un siècle plus tôt. Avec sa barbe blonde et son teint brûlé par le soleil, c’était un homme de cœur, qui affrontait les épreuves de la vie avec un sourire inaltérable. Tout le monde, en ville, savait qu’il était bon époux, bon père, et que pour soutenir un ami en péril, il n’eût pas hésité à défier jusqu’au dragon des Sept Gouffres.

Sa femme s’appelait Annelore. Aussi brune qu’il était blond, gracieuse à ravir, elle passait, selon la loi des femmes de pêcheur, de longues journées à l’attendre, tandis qu’il traquait en mer le congre d’argent et le saumon d’or. Pendant ce temps, pour ne pas penser aux récifs ni aux tempêtes, elle laissait ses doigts courir, inlassables, sur son métier de dentellière. Et, qu’on lui commandât napperons, bonnets, mouchoirs ou tabliers, elle les ornait de motifs si admirables qu’on repartait de chez elle ébloui, en répétant à la ronde qu’elle était la plus habile brodeuse du canton.

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Mérélune

Mérélune

La mer est bonne sorcière. Elle perd l’homme qui la sert.

À Raïmo le pêcheur, elle donne des congres, des baudroies, des langoustes. Du fil à retordre, surtout. À longueur de journée — la nuit aussi, parfois —, il trime sur son bateau, tire sur ses filets, joue de la voile et de la rame, défie eau, sel et vent, durcit ses muscles en un corps à corps qui n’en finit pas. Elle, en échange du poisson qu’elle lui accorde, lui prend sa jeunesse, mois par mois, sans qu’il s’en aperçoive, sinon quand il rentre chez lui, le soir, dans sa maison aux pierres couvertes de lichen.

Sa jeunesse… Il va sur ses quarante ans, bientôt. Boiteux de naissance, il n’a pas trouvé les mots pour dire aux filles du pays que, faute de savoir danser, il avait le pied marin et de l’endurance pour deux. L’une après l’autre, elles en ont choisi de plus beaux. Alors, par les aubes claires de juin, il prie en secret Mérélune, la Dame du fond des eaux, de lui envoyer une femme?: une épouse qui l’aimerait, tiendrait son foyer, s’inquiéterait devant un ciel trop noir, se signerait les jours de tempête?; et, avec elle, un fils à qui il apprendrait à naviguer, à remonter les courants, à lancer un filet sur un banc de maquereaux…

Mais rien ne vient. Dans les grottes liquides des profondeurs, la Dame des légendes reste indifférente à sa supplique. Il sait bien, d’ailleurs, qu’il est dangereux de l’invoquer. Aux hommes qui lui déplaisent, ses doigts transparents lancent parfois des sorts. De ceux dont on ne parle qu’à voix basse…

Des sortilèges de verre.

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La Nouvelle Alice

La Nouvelle Alice

Un beau dimanche de juin, peu après son retour d’outre-miroir, Alice fut invitée chez son oncle Donatien-Alphonse, marquis de S., qui venait d’acquérir dans le Cheshire un manoir entouré de sulfureux ombrages. Sous les dorures de la salle à manger, entre des tapisseries figurant les ébats des satyres et des nymphes, un délicieux repas lui fut servi : une terrine de lapereau Attila, un agneau tendre comme une fossette de bébé, un apple-pie Messaline nappé d’un coulis si parfumé qu’elle en reprit trois fois. Presque aussitôt, pourtant, elle sentit que la tête lui tournait et demanda que l’on ouvrît un peu la fenêtre.

« Le déjeuner est fini, observa son oncle. Jusqu’à l’heure du thé, tu peux t’amuser à ta guise… Moi, je vais m’accorder une petite sieste. »

Là-dessus, il gravit l’escalier de marbre qui menait à sa chambre, suivi par un robuste garde-chasse et deux servantes d’une figure exquise.

« C’est singulier ! songea Alice. Pourquoi lui faut-il tant de monde pour une simple sieste ? »

À vrai dire, elle était un peu déçue de se voir ainsi abandonnée. Mais, en petite fille bien élevée, elle garda ses réflexions pour elle. Puis, ayant cherché un instant comment égayer son après-midi, elle se prit à frapper joyeusement dans ses mains.

 

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Peinture de nuit

Peinture de nuit

Au-dehors, la nuit gronde. Les cieux se délitent. La pluie tombe avec une obstination mauvaise, changeant les rues en bourbiers, grêlant la surface des canaux, pénétrant fenêtres et toits. Dans les bas quartiers, de rares passants cahotent entre les flaques. Çà et là, un néon clignote, puis s’éteint. Mais personne ne lui accorde un regret : on fuit la tourmente, on se terre dans les maisons. L’ombre et l’orage pèsent depuis si longtemps qu’il semble que le soleil ne se lèvera jamais. Plus d’aurore. Plus de jour. Des ténèbres striées d’eau jusqu’à la fin des temps…

 

« Et le bleu du ciel, alors ? » s’enquiert le berger Tircis, adossé à une souche, les jambes croisées dans l’herbe fraîchement peinte. « J’aimerais bien le voir, tout de même ! Quand vas-tu t’y attaquer ? »

Ses cheveux gris en bataille, Albrecht ne répond pas. Du bout du pinceau, il achève de fignoler une pâquerette, histoire d’éclairer un peu le tableau. Puis il se recule et considère son œuvre. Ah, retrouver la grâce des pastorales d’antan… La pièce est extrêmement sombre, et les journaux qui colmatent la lucarne n’arrangent rien. D’ailleurs, quelle lumière attendre de l’extérieur ? L’averse a eu raison du réverbère du coin. Quant à la lueur des éclairs, elle détruit tout ce qu’elle touche.

Ma chandelle est morne,

Je ne vaux pas mieux.

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La Gantière et l’équarisseur

La Gantière et l’équarisseur

Au début des années 1900 se trouvait dans le vieux Chaumont, à quelques rues de la basilique Saint Jean-Baptiste, une boutique de frivolités, Au Fil des Jours, tenue par une certaine Mme Margaux. Celle-ci, la cinquantaine phtisique, toujours vêtue de mauve, passait pour un peu sorcière. Toutefois, entre les foulards et les gants, les guipures et les éventails, elle vendait de si belles choses que les dames de la bonne société saisissaient le moindre prétexte pour franchir le pas de sa porte.

Son unique employée était une jeune fille de vingt-deux ans, Cyprène Tilleul : aînée d’une famille de treize enfants, dont un idiot, elle avait dû travailler très tôt dans une de ces ganteries qui faisaient la renommée de la ville. Jusqu’au jour où Mme Margaux, ayant remarqué son courage, son joli minois et ses talents de cousette, lui ouvrit sa boutique où elle ne tarda point à la traiter comme sa fille.

Dans le tourbillon des rues marchandes, la gantière, svelte et gracieuse, très brune, les yeux vifs, aurait facilement pu trouver un époux. Bottiers et ébénistes ne demandaient qu’à lui conter fleurette. Mais ses frères et sœurs coûtant cher à nourrir, elle songeait plus à l’ouvrage qu’à la bagatelle. Le seul qui aurait pu lui plaire, d’ailleurs, un robuste gaillard nommé Roger Brisecorps, avait une réputation redoutable : à vingt-huit ans, il écumait les bistrots avec une bande de vauriens ; on le disait mêlé à plus d’un mauvais coup ; et, lorsqu’elle le rencontrait, il avait beau lui décocher un regard bleu roi, il ne daignait pas lui adresser la parole : que la cause en fût l’arrogance ou la boisson, elle se hâtait de passer son chemin.

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Rire de verre

Rire de verre

Mille huit cent soixante-cinq fut une de ces années bénies où, si l’on en croit les livres d’Histoire, il ne se produisit rien de notable : ni guerre, ni révolution, ni assassinat de tête couronnée, ni incendie ravageant la capitale — rien. Le Second Empire se contentait de briller de tous ses ors. Et, pour que les Parisiens se croient promis à un bonheur sans fin, l’été, lumineux, embaumait la cannelle et le mimosa.

Simon Piérac, trente ans, joli garçon, vivait dans une mansarde assez spacieuse pour qu’il s’y sentît à l’aise, et suffisamment isolée pour que nul ne s’interrogeât sur ses habitudes. Au milieu d’un mobilier sommaire, quoique de bon goût, le seul objet remarquable était une grosse malle aux bois arrondis, aux cuivres luisants, où il rangeait ses trésors avec méthode.

Acteur manqué, le physique ne compensant pas toujours l’absence de relations, il travaillait comme accessoiriste au théâtre des Privilèges sous les ordres de la redoutable Mme Olympe, costumière en chef : une matrone à la voix de stentor et à l’imposante coiffure queue-de-vache. Face à elle, il s’astreignait à se montrer efficace, docile et surtout respectueux. Ce qui n’empêchait pas l’autre de le rabrouer à tout propos. L’hiver précédent, pourtant, clouée au lit par une forte bronchite, elle dut se résoudre à lui confier sa clef de la Réserve, à la condition expresse qu’il la lui rende dès son retour. Accueillant cette marque de confiance avec l’humilité requise, il s’en montra digne en tout point. À ceci près que s’il restitua bien la clef, il prit soin d’en garder un double, fabriqué à la hâte par un serrurier complaisant.

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Peter Paon et la fée Crochette

Peter Paon et la fée Crochette

Peter Paon et la fée Crochette sont tous deux nés d’une coquille : non point un riche coquillage entouré de tritons et de néréides comme la Vénus de Botticelli, mais plus modestement une coquille d’imprimerie qui, pour minime qu’elle fut, n’en eut pas moins des conséquences désastreuses.

On était en 1925. Un petit éditeur de Rocambourg-sur-Loir s’apprêtait à publier une traduction — officieuse — du Peter Pan de J. M. Barrie. Il en confia le manuscrit à Léon Grimaz, imprimeur de la région, qui, peu stimulé par ce texte pour enfants, chargea son apprenti d’en réaliser la typographie. Celui-ci, un frais jeune homme du nom de Nicaise Tourtelier, s’acquitta de sa tâche avec le plus grand soin. Quelques jours plus tard, rose d’émotion, il apporta à son patron le premier jeu d’épreuves.

Quand le placide Léon Grimaz les eut examinées, il entra dans une colère épouvantable.

La première erreur, déjà fâcheuse, portait sur le titre : le nom du héros était orthographié, non Peter Pan, mais Peter Paon. Quant à la deuxième, elle passait les bornes : tout au long du texte, la charmante fée Clochette se voyait affligée du pire des sobriquets.

« Elle ne s’appelle pas Crochette ! hurla-t-il au pauvre Nicaise, terrifié. Mais Clochette : comme une cloche… Cloche que tu es !…

— Faites excuse… Je… Il y avait… ce capitaine Crochet… J’ai cru que…

— Imbécile ! Même pas fichu de lire un bouquin pour les gosses. Et ça veut devenir imprimeur ! Répare-moi ce gâchis d’ici demain. Sinon… la porte ! »

 

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Le Cœur à trois temps

Le Cœur à trois temps

Au pays des Forêts Secrètes se trouvait jadis, au pied des montagnes, un bourg pieux et cossu du nom de Bilgors. Les maisons, bâties en sapin, étaient laquées de blanc, avec des balcons dentelés, des volets roses, bleus, mauves et des toits d’ardoise. Un gave, où nageaient des truites à ocelles et des barbeaux-chats, l’arrosait de ses eaux sauvages.

À cette époque, la coutume voulait que l’on associât au nom de chaque enfant celui d’un oiseau, qui en devenait alors le protecteur. Un petit garçon fut ainsi baptisé Jean-Courlis, en l’honneur du courlis cendré qui visitait parfois le jardin de ses parents. À vrai dire, son père eût préféré l’appeler Jean-Courage, histoire de lui inculquer d’héroïques vertus. La tradition ne le permettant pas, il dut se contenter de cette demi-mesure. Mais il ne le pardonna ni à la mère — une jolie brune du nom de Marie-Mouette — ni à l’enfant lui-même. Lorsque, six mois plus tard, il s’amouracha d’une danseuse de corde, il déclara qu’il refusait d’élever un mioche affublé d’un nom si ridicule. Là-dessus, adieu famille : il s’envola dans les jupons de la créature et on ne le revit jamais.

Marie-Mouette, aussi adroite que gracieuse, mania le fuseau sans relâche pour donner une enfance convenable à son fils. Celui-ci l’en récompensa en étant sage à l’école, en ne tombant jamais malade et — lorsqu’elle était triste — en lui chantant de vieilles romances. Voyant qu’il avait un don pour la musique, elle lui offrit un luth le matin de ses dix ans. De cela aussi elle fut récompensée, car il apprit très vite à en jouer — et avec un talent remarquable.

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Forêts secrètes

Forêts secrètes

Prix Masterton 2004

 

II y a ce serpent monstrueux qui, la nuit, visite les enfants et les terrorise. Il y a la solitude marine de Mérélune, le meurtre et ses atours de travesti. Il y a Alice et ses impertinences, Peter Paon et sa fidèle Crochette, nés d'une coquille d'imprimerie et qui mettront le monde à feu et à sang. Il y a les démons et merveilles, la cruelle poésie de Berthelot, son univers hors du temps au cœur de ses forêts secrètes.

 

« Berthelot en magicien des marges, convoquant le viol, le crime, la souffrance, les amours déçues ou déchues, mortelles ou perverties, l'errance ou la folie, le chaos des cœurs et des âmes, l'hésitation sexuelle, la transgression punie par une mutation des corps, l'art associé à la déviance, l'intolérance face à toute différence, comme autant de thèmes qui tissent toute son œuvre, cette œuvre que portent des héros maintenus en permanence sur le fil dangereux de l'équilibriste, entre leur attirance pour l'obscure ivresse de la chute et le désir d'un envol vers une rédemption solaire. » Joëlle Wintrebert

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946.

 

Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans les domaines de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

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Le Petit cabaret des morts

Le Rêve du démiurge - 7

Le Petit cabaret des morts

Eté 1988.

 

À Viervy, petite ville des Alpes, Yorenn et Romain Algeiba, sœur et frère acrobates, se vouent une passion excessive...

 

À Viervy, lieu de heurt du monde réel et de l’au-delà, vit Alvar Cuervos, fils d’un démon et d’une bohémienne, assistant du secret docteur Malejour.

 

À Viervy, l’amour qui naît entre Alvar et Yorenn, opposés à tout point de vue, engendre le drame : la jalousie destructrice de Romain, le délire de Malejour aveuglé par science et pouvoir, la duplicité d’Alvar, les violences de Yorenn déchirée entre des idéaux contraires, tout se ligue contre eux — et d’abord eux-mêmes.

 

À Viervy, les âmes des morts sont l’enjeu du conflit qui divise les vivants. La guerre s’installe, tributaire des passions des uns et des autres.

 

À Viervy, le merveilleux spectacle qu’Alvar monte dans son Petit Cabaret ne livre rien au public du drame qui se joue en coulisse. Combat des vivants contre les vivants, des vivants contre les morts, des morts contre les morts, l’affrontement finit par s’étendre aux forces telluriques...

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, puis chercheur dans le domaine de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

 

Le Petit Cabaret des morts, qui s’inscrit dans l’immense fresque littéraire du Rêve du démiurge, est son onzième roman.

 

« Francis Berthelot réussit l’improbable alchimie de la dureté et de la poésie... » Bifrost

 

« Francis Berthelot cisèle son sujet avec une maîtrise de la langue diabolique. Il nous emmène dans un carrousel maléfique qui, à la fois, distille un malaise insidieux et déverse des images d'un romantisme exacerbé. Une réussite. » Jean-Claude Vantroyen, Le Soir

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Bifrost n° 47

Bifrost n° 47

Richard détourna les yeux, écoeuré, et se pencha sur son propre livre. Le sifflement retentit à nouveau et il sursauta. Son voisin le dévisageait franchement. Avec lenteur, il sortit un carnet à spirale de sa poche de poitrine, arracha une feuille et traça un grand nombre de traits en désordre avec le marqueur. Lorsqu'il la lui tendit, Richard n'y vit qu'un ensemble de gribouillages sans signification et la tourna dans tous les sens sans parvenir à la déchiffrer.

Il la laissa tomber sur la table et son voisin la reprit. Il rabattit un coin sur le coin opposé, effectua une série de pliages si rapides que Richard ne put suivre le mouvement de ses doigts. Puis l'homme lui tendit à nouveau la feuille pliée en forme de rose.

Elle s'ouvrit au creux de sa paume et les lignes jaunes enchevêtrées s'ordonnèrent en lettres, puis en mots, en suivant les plis. Sur la corolle de papier, on pouvait lire :

Je t'expliquerai...

Jean-Claude Dunyach, Repli sur soie

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Bifrost n° 42

Bifrost n° 42

Pour notre anniversaire, des cadeaux inédits de :

— Francis Berthelot

— Thomas Day

— Thierry Di Rollo

— Catherine Dufour

— Pierre-Paul Durastanti

— Claude Ecken

— Johan Heliot

— Patrick Imbert

— Serge Lehman

— Xavier Mauméjean

 

Dossier Serge Lehman :

— novella

— interview

— bibliographie

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Bifrost n° 40

Bifrost n° 40

Il y a des légendes dans la fosse. Des spectres et des apparitions. Les hommes qui travaillent à Ground Zéro en rigolent, mais leur rire est chargé et malaisé. Bobby ne croit pas à ces histoires, mais il est prêt à croire qu'il pourrait se passer un truc bizarre. Le lieu a l'air tellement désert. Comme si les fantômes eux-mêmes en étaient partis. Ce vide si soudain, qui sait ce qui a pu le combler ? Il y a quarante-huit heures de cela, un mec de l'équipe de nuit a juré qu'il avait vu près de la paroi de la fosse une silhouette sans visage, coiffée d'une tiare noire et pointue. Le boulot est usant pour tout le monde. Certains mariages n'y résistent pas. On finit par perdre la boule, d'une façon ou d'une autre. Il y a des bagarres, des crises de folie, des crises de larmes. C'est l'odeur du métal calciné qui suinte de la terre, l'immobilité cérémonielle des ouvriers quand ils découvrent un corps, les murmures qu'on entend en l'absence de tout vent. C'est les choses qu'on retrouve...

 

Lucius Shepard

La Présence

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Hadès Palace

Le Rêve du démiurge - 6

Hadès Palace

« Il y a dans l'univers de Francis Berthelot une immense angoisse ; mais portée par une telle innocence que toute la douleur de l'existence s'y trouve changée en pure poésie. » revue Europe

Paris, début 1979.

Maxime Algeiba est le mime-serpent, un jeune artiste au talent exceptionnel. Aussi est-il contacté par l'imprésario de l'Hadès Palace — demeure tentaculaire au luxe magnétique, palais prestigieux où les grands du monde se pressent pour assister aux représentations du gratin artistique international. Comment refuser pareille offre : un contrat au sein d'un lieu aussi mythique ? C'est un tremplin, une occasion inespérée. Pourtant, une fois logé dans les dorures du Palace, Maxime ne tarde pas à remarquer des faits étranges. Pourquoi ces hommes armés qui quadrillent théâtres et couloirs ? Et ce malaise qui pétrifie Maxime dès qu'il s'éloigne dans les jardins alentour ; cette terreur sourde qui paraît régner chez les artistes ; ou encore ces « trois cercles » évoqués à demi-mot par certains ? Des questions qui ne trouveront réponse qu'une fois percés les secrets enclos derrière le visage impénétrable du maître du Palace, Bran Hadès.

Mais à quel prix ?

Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans le domaine de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio S F ».

Hadès Palace, récit subtil aux frontières du merveilleux et d'un fantastique des plus noirs, est son dixième roman.

« Hadès Palace fait partie de ces livres qu'on n'oublie pas. Son écriture nous emporte littéralement ; une écriture d'ailleurs d'une grande poésie même dans les scènes les plus terribles.»

Librairie Soleil Vert

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Forêts secrètes

Forêts secrètes

Prix Masterton 2005

II y a ce serpent monstrueux qui, la nuit, visite les enfants et les terrorise. Il y a la solitude marine de Mérélune, le meurtre et ses atours de travesti. Il y a Alice et ses impertinences, Peter Paon et sa fidèle Crochette, nés d'une coquille d'imprimerie et qui mettront le monde à feu et à sang. Il y a les démons et merveilles, la cruelle poésie de Berthelot, son univers hors du temps au cœur de ses forêts secrètes.

« Berthelot en magicien des marges, convoquant le viol, le crime, la souffrance, les amours déçues ou déchues, mortelles ou perverties, l'errance ou la folie, le chaos des cœurs et des âmes, l'hésitation sexuelle, la transgression punie par une mutation des corps, l'art associé à la déviance, l'intolérance face à toute différence, comme autant de thèmes qui tissent toute son œuvre, cette œuvre que portent des héros maintenus en permanence sur le fil dangereux de l'équilibriste, entre leur attirance pour l'obscure ivresse de la chute et le désir d'un envol vers une rédemption solaire. » Joëlle Wintrebert

 

Francis Berthelot est né à Paris en 1946.

Polytechnicien, docteur en biologie moléculaire, chercheur au CNRS dans les domaines de la théorie littéraire, il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire à quatre reprises et, fait unique, dans quatre catégories différentes — dont celle du meilleur roman pour Rivage des intouchables, chez Gallimard « Folio SF ».

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Bifrost n° 28

Bifrost n° 28

Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. Quand une porte s'ouvrait au froid hivernal, poussée par une rafale, le maître de maison se hâtait de la refermer, de la barrer et de dire : « Le dragon de glace est passé. » S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid. De la glace se formait au contact de ce souffle. La chaleur s'enfuyait. Les feux crachotaient, s'éteignaient, étouffés. Les branches friables des arbres gelés à cœur dans leur âme lente et secrète cassaient sous le fardeau de leur propre poids. Les animaux bleuissaient, gémissaient et puis mouraient, les yeux exorbités, la peau gainée de givre. Le dragon de glace insufflait la mort au monde, la mort, le silence et le Froid.

George R. R. Martin

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Bifrost n° 26

Bifrost n° 26

Comment je me retrouve au Bord du Monde, le cul planté dans la neige, à bouffer du saumon en tenant le crachoir a un grizzli déguisé en indien et qui veut que je lui raconte mon histoire ? Comment ma caisse est passée de la marque Chevrolet à celle, plus improbable, de Rocco Siffredi's Motors ? Pourquoi j'exhale cette douce odeur de merde de crocodile, cette subtile fragrance assaisonnée aux relents de camembert Fauchon ? Pourquoi ?

Ça, c'est mon trip a moi, mec, mon putain de trip, mon american drug trip...

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