Les critiques de Bifrost

Alcatraz contre les Ossements du Scribe

Alcatraz contre les Ossements du Scribe

Brandon SANDERSON
MANGO Jeunesse
336pp - 15,00 €

Bifrost n° 62

Critique parue en avril 2011 dans Bifrost n° 62

On avait découvert la famille Smedry dans Alcatraz contres les infâmes bibliothécaires. Cette dynastie de personnages aux pouvoirs abracadabrants (le héros, Alcatraz, casse tout ce qu’il touche ; quant à son papi, il arrive toujours en retard !) tente tant bien que mal de contrer l’influence des Bibliothé-caires, qui ont assujetti le monde du Chut-land — notre monde — en nous mentant continuellement. Cocktail explosif d’aventures et d’humour ravageur, ce premier tome avait montré que Brandon Sanderson, non content d’être un auteur pour adulte convaincant (avec Elantris ou la grosse trilogie Fils-des-Brumes, chez Orbit/Calmann-Lévy), disposait de plus d’une corde à son arc et savait se montrer à l’aise dans un registre plus léger.

Alcatraz contre les Ossements du Scribe renouvelle le plaisir sans coup férir : cette fois-ci, Alcatraz et les siens filent vers les Royaumes Libres, mais dé-couvrent en cours de route que papi Smedry a fait route vers la bibliothèque d’Alexandrie, où se trouve vraisemblablement… le propre père d’Alcatraz, qui a disparu bien des années auparavant !

Hormis un rythme maintenu tambour battant, et une galerie de personnages particulièrement invraisemblables, deux éléments qui font irrésistiblement penser aux cartoons de Tex Avery, la saga d’Alcatraz vaut aussi pour son ironie mordante envers le métier d’écrivain. Pas un chapitre ne passe sans que le jeune protagoniste nous assène des vérités bien senties sur l’art de composer un roman, sur la dissimulation au cœur même du travail d’auteur, sur ces livres de fantasy qui parfois en font des tonnes pour un résultat pas toujours très glorieux… bref, Sanderson, l’auteur jeunesse, se moque de son alter ego pour adultes (qu’il cite nommément), de même que de quelques-uns de ses condisciples, comme Patrick Rothfuss. Ces sarcasmes ne visent pas toujours très juste, mais globalement ce recul iconoclaste nous rend Alcatraz très attachant, même s’il sait se rendre fort énervant par ailleurs. En clair : un personnage remarquablement réussi pour un roman jeunesse débordant d’imagination et de vitalité.

Bruno PARA

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