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158 résultats pour « bifrost »

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Bifrost n° 103

Revues - Bifrost - 103

Bifrost n° 103

Six jours avant qu’il n’y ait plus d’argent, Méduse se prit un bon coup de pied au cul d’Encelade. Les thermistances embarquées enregistrèrent un pic soudain — 80°, 90°, 120° —, que suivirent un soubresaut du fond marin et un violent choc latéral sur la sonde. Il y eut un flash lumineux. Un océan incroyablement bouillant. Un fond marin rocheux basculant comme une table renversée par un géant furieux.
Le canal se tut.
La télémétrie se propagea dans l’obscur océan alcalin. Des relais amarrés à la sous-croûte captèrent ces chuchotements, qu’ils amplifièrent et transmirent. Cent quatre-vingts kilomètres plus loin à l’horizon, Euryale — accrochée par en dessous à la glace comme une énorme balane métallique — sépara le signal du bruit et le fit remonter à Stheno par un câble qui traversait six kilomètres de croûte regelée. Les mains orientées en porte-voix vers l’horizon fracturé, Stheno cria en direction de la Terre.

Peter Watts
Test d’écho

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Bifrost n° 103

Revues - Bifrost - 103

Bifrost n° 103

Six jours avant qu’il n’y ait plus d’argent, Méduse se prit un bon coup de pied au cul d’Encelade. Les thermistances embarquées enregistrèrent un pic soudain — 80°, 90°, 120° —, que suivirent un soubresaut du fond marin et un violent choc latéral sur la sonde. Il y eut un flash lumineux. Un océan incroyablement bouillant. Un fond marin rocheux basculant comme une table renversée par un géant furieux.
Le canal se tut.
La télémétrie se propagea dans l’obscur océan alcalin. Des relais amarrés à la sous-croûte captèrent ces chuchotements, qu’ils amplifièrent et transmirent. Cent quatre-vingts kilomètres plus loin à l’horizon, Euryale — accrochée par en dessous à la glace comme une énorme balane métallique — sépara le signal du bruit et le fit remonter à Stheno par un câble qui traversait six kilomètres de croûte regelée. Les mains orientées en porte-voix vers l’horizon fracturé, Stheno cria en direction de la Terre.

Peter Watts
Test d’écho

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Bifrost n° 102

Revues - Bifrost - 102

Bifrost n° 102

Seules subsistaient la poussée démentielle de la chute, la mer, le ciel, la mer, tout près, le vent hurlant, pendant que l’avion tournoyait cul par-dessus tête et que les hommes cherchaient à s’extirper de leur harnais pour sauter par les trous des portières ou celui de l’aile arrachée. Coincé dans ce manège de cauchemar, Walt ne pensait qu’à une chose : il avait entendu dire que la mer était aussi dure que du béton quand on y tombait. Ça, et le fait qu’il ne voulait pas mourir. Ça, et la nécessité de la chance. Un instant d’apesanteur, des globules de sang flottant alentour — le corps du copilote transpercé par une lance de métal. Walt ne pouvait rien pour lui. Il s’était hissé sur l’immense hauteur de l’appareil désemparé en luttant contre une poussée dont le brusque gauchissement l’avait projeté vers l’ouverture béante. Ça ne l’avait pas empêché de rester coincé parmi les tuyaux tordus, quasi incapable de respirer, prisonnier des forces de la chute. Alors lui était venue la pensée — celle qui avait sans doute traversé l’esprit de milliers d’aviateurs dans des moments pareils — qu’il aurait donné n’importe quoi, absolument n’importe quoi pour leur échapper.
Pour que la chance ne l’abandonne pas…

Ian R. MacLeod
La Viandeuse

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Bifrost n° 102

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Bifrost n° 102

Seules subsistaient la poussée démentielle de la chute, la mer, le ciel, la mer, tout près, le vent hurlant, pendant que l’avion tournoyait cul par-dessus tête et que les hommes cherchaient à s’extirper de leur harnais pour sauter par les trous des portières ou celui de l’aile arrachée. Coincé dans ce manège de cauchemar, Walt ne pensait qu’à une chose : il avait entendu dire que la mer était aussi dure que du béton quand on y tombait. Ça, et le fait qu’il ne voulait pas mourir. Ça, et la nécessité de la chance. Un instant d’apesanteur, des globules de sang flottant alentour — le corps du copilote transpercé par une lance de métal. Walt ne pouvait rien pour lui. Il s’était hissé sur l’immense hauteur de l’appareil désemparé en luttant contre une poussée dont le brusque gauchissement l’avait projeté vers l’ouverture béante. Ça ne l’avait pas empêché de rester coincé parmi les tuyaux tordus, quasi incapable de respirer, prisonnier des forces de la chute. Alors lui était venue la pensée — celle qui avait sans doute traversé l’esprit de milliers d’aviateurs dans des moments pareils — qu’il aurait donné n’importe quoi, absolument n’importe quoi pour leur échapper.
Pour que la chance ne l’abandonne pas…

Ian R. MacLeod
La Viandeuse

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Bifrost n° 101

Revues - Bifrost - 101

Bifrost n° 101

« Des vampires, lâche Kevin. Ce sont tous les deux des vampires.
– Qui ça ? » je demande entre deux coups de dents dans la pomme. Kevin et moi étions perchés à six ou sept mètres au-dessus du sol, dans un arbre de son jardin. Nous avions construits là une grossière plate-forme qui se voulait une cabane à la Tarzan. Kevin avait dix ans, j'en avais neuf.
« Mr. Innis et Mr. Denofrio, m'assène Kevin. Ce sont tous les deux des vampires. »
Je lève le nez du Superman que j'étais en train de lire. « Ce sont pas des vampires, je lui fais. Ce sont des coiffeurs pour homme.
– Ouais. N'empêche que ce sont aussi des vampires. Je viens juste de m'en rendre compte. »

Dan Simmons
La barbe et les cheveux : deux morsures

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Bifrost n° 101

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Bifrost n° 101

« Des vampires, lâche Kevin. Ce sont tous les deux des vampires.
– Qui ça ? » je demande entre deux coups de dents dans la pomme. Kevin et moi étions perchés à six ou sept mètres au-dessus du sol, dans un arbre de son jardin. Nous avions construits là une grossière plate-forme qui se voulait une cabane à la Tarzan. Kevin avait dix ans, j'en avais neuf.
« Mr. Innis et Mr. Denofrio, m'assène Kevin. Ce sont tous les deux des vampires. »
Je lève le nez du Superman que j'étais en train de lire. « Ce sont pas des vampires, je lui fais. Ce sont des coiffeurs pour homme.
– Ouais. N'empêche que ce sont aussi des vampires. Je viens juste de m'en rendre compte. »

Dan Simmons
La barbe et les cheveux : deux morsures

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Bifrost n° 100

Revues - Bifrost - 100

Bifrost n° 100

La femme qui chevauchait comme un homme, jambes écartées de chaque côté de la selle, portait des bottes en cuir renforcé, des pantalons de cavalerie en daim, des vêtements de laine doublés de fourrure blanche. Sa main gauche était enfilée dans un gant d’archer, d’un vert très sombre, qui lui couvrait l’avant-bras jusqu’au coude. Dague et carquois encom­braient sa ceinture et un grand arc à double courbure pointait dans son dos. Ses longs cheveux roux étaient rassemblés en une natte unique qui lui descendait jusqu’aux hanches. Tout en elle respirait l’opulence, la réussite. Elle savait gagner de l’argent et avait décidé de le montrer. Sans doute pour susciter le respect autour d’elle, voire la dévotion.

« Bonjour, étranger », dit-elle d’un ton moqueur ou pouvant passer pour tel.

Le regard bleu de cette femme semblait traverser Zeite sans vraiment s’y arrêter, comme une flèche ralentit à peine en trouant un drap. Observé ainsi, il se sentait plus creux et plus fragile que des os d’oiseaux…

Thomas Day

La Bête du loch Doine

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Bifrost n° 100

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Bifrost n° 100

La femme qui chevauchait comme un homme, jambes écartées de chaque côté de la selle, portait des bottes en cuir renforcé, des pantalons de cavalerie en daim, des vêtements de laine doublés de fourrure blanche. Sa main gauche était enfilée dans un gant d’archer, d’un vert très sombre, qui lui couvrait l’avant-bras jusqu’au coude. Dague et carquois encom­braient sa ceinture et un grand arc à double courbure pointait dans son dos. Ses longs cheveux roux étaient rassemblés en une natte unique qui lui descendait jusqu’aux hanches. Tout en elle respirait l’opulence, la réussite. Elle savait gagner de l’argent et avait décidé de le montrer. Sans doute pour susciter le respect autour d’elle, voire la dévotion.

« Bonjour, étranger », dit-elle d’un ton moqueur ou pouvant passer pour tel.

Le regard bleu de cette femme semblait traverser Zeite sans vraiment s’y arrêter, comme une flèche ralentit à peine en trouant un drap. Observé ainsi, il se sentait plus creux et plus fragile que des os d’oiseaux…

Thomas Day

La Bête du loch Doine

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Bifrost n° 99

Revues - Bifrost - 99

Bifrost n° 99

Mr. John Philip Johnson ferma sa porte derrière lui et, descendant les marches du perron, sortit dans le matin éclatant avec le sentiment que tout allait pour le mieux de par le monde en cette journée splendide, car le soleil n’était-il pas doux et chaud ? n’était-il pas à l’aise dans ses chaussures ressemelées de frais ? et il savait qu’il avait choisi exactement la cravate assortie à la journée, au soleil et à ses pieds à l’aise, et, après tout, le monde n’était-il pas tout simplement un endroit merveilleux ? Bien que ce soit un petit homme, et que sa cravate soit peut-être un tantinet voyante, Mr. Johnson rayonnait d’un sentiment de bien-être lorsqu’il arriva en bas des marches et s’avança sur le trottoir malpropre, et il sourit aux gens qui le croisaient, et certains lui rendirent même son sourire.
Il s’arrêta au kiosque du coin et acheta son journal en lançant un « Bon-jour » plein de conviction au vendeur ainsi qu’aux deux ou trois personnes assez fortunées pour passer par là en même temps que lui. Il n’oublia pas de remplir ses poches de bonbons et de cacahouètes, puis il se mit en route vers les quartiers résidentiels.
Il passa chez un fleuriste et acheta un œillet pour sa boutonnière, mais il s’arrêta presque aussitôt pour donner cet œillet à un petit enfant dans sa poussette, qui le regarda sans mot dire avant de sourire, et Mr. Johnson lui rendit son sourire, et la mère de l’enfant regarda Mr. Johnson durant une minute et sourit à son tour…

Shirley Jackson

Un jour comme les autres, avec des cacahouètes

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Bifrost n° 99

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Mr. John Philip Johnson ferma sa porte derrière lui et, descendant les marches du perron, sortit dans le matin éclatant avec le sentiment que tout allait pour le mieux de par le monde en cette journée splendide, car le soleil n’était-il pas doux et chaud ? n’était-il pas à l’aise dans ses chaussures ressemelées de frais ? et il savait qu’il avait choisi exactement la cravate assortie à la journée, au soleil et à ses pieds à l’aise, et, après tout, le monde n’était-il pas tout simplement un endroit merveilleux ? Bien que ce soit un petit homme, et que sa cravate soit peut-être un tantinet voyante, Mr. Johnson rayonnait d’un sentiment de bien-être lorsqu’il arriva en bas des marches et s’avança sur le trottoir malpropre, et il sourit aux gens qui le croisaient, et certains lui rendirent même son sourire.
Il s’arrêta au kiosque du coin et acheta son journal en lançant un « Bon-jour » plein de conviction au vendeur ainsi qu’aux deux ou trois personnes assez fortunées pour passer par là en même temps que lui. Il n’oublia pas de remplir ses poches de bonbons et de cacahouètes, puis il se mit en route vers les quartiers résidentiels.
Il passa chez un fleuriste et acheta un œillet pour sa boutonnière, mais il s’arrêta presque aussitôt pour donner cet œillet à un petit enfant dans sa poussette, qui le regarda sans mot dire avant de sourire, et Mr. Johnson lui rendit son sourire, et la mère de l’enfant regarda Mr. Johnson durant une minute et sourit à son tour…

Shirley Jackson

Un jour comme les autres, avec des cacahouètes

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Bifrost n° 98

Revues - Bifrost - 98

Bifrost n° 98

Avant leur départ pour Mars, on les appelait les « explorateurs de la nouvelle frontière ». Après le crash dans un désert martien qui avait tué tout l'équipage à l'exception — miraculeuse — de Bill Jenner, ce dernier cracha plusieurs fois cette formule au vent incessant chargé de sable. Il s'en voulait d'avoir éprouvé de la fierté en l'entendant prononcer la première fois.
Au fil des kilomètres, sa colère se calma. Le noir chagrin que la mort de ses compagnons lui avait inspiré se changea en morne grisaille. Peu à peu, il s'avisa qu'il avait commis une terrible erreur de calcul.
Il avait mal jugé la vitesse du vaisseau. D'après son estimation, il devrait couvrir à pied cinq cents kilomètres pour rejoindre la mer polaire peu profonde que ses camarades et lui avaient vu scintiller depuis l'espace ; l'astronef avait franchi en un éclair une distance considérable avant de s'abîmer dans le désert.

A.E. van Vogt
Le Village enchanté

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Bifrost n° 98

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Bifrost n° 98

Avant leur départ pour Mars, on les appelait les « explorateurs de la nouvelle frontière ». Après le crash dans un désert martien qui avait tué tout l'équipage à l'exception — miraculeuse — de Bill Jenner, ce dernier cracha plusieurs fois cette formule au vent incessant chargé de sable. Il s'en voulait d'avoir éprouvé de la fierté en l'entendant prononcer la première fois.
Au fil des kilomètres, sa colère se calma. Le noir chagrin que la mort de ses compagnons lui avait inspiré se changea en morne grisaille. Peu à peu, il s'avisa qu'il avait commis une terrible erreur de calcul.
Il avait mal jugé la vitesse du vaisseau. D'après son estimation, il devrait couvrir à pied cinq cents kilomètres pour rejoindre la mer polaire peu profonde que ses camarades et lui avaient vu scintiller depuis l'espace ; l'astronef avait franchi en un éclair une distance considérable avant de s'abîmer dans le désert.

A.E. van Vogt
Le Village enchanté

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Bifrost n° 97

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Bifrost n° 97

Donc vous voulez que je vous parle d’Hayley. Non, j’ai l’habitude. Enfin, je devrais. On ne s’intéresse jamais qu’à ma sœur.
C’était une journée sinistre et pluvieuse d’octobre ; l’air sentait les feuilles mortes. Les tupélos noirs qui bordaient le terrain de hockey sur gazon avaient rougi, comme une piste d’empreintes de pas sanglantes laissée par un géant.
J’avais une interro de français et je devais prévoir une semaine de menus végans pour quatre personnes en cours de science de la consommation. Vers midi, Hayley m’a textée de Californie.
Je sèche les cours. Q et moi on roule vers le festival là !!!
Je l’ai ignorée. Elle adorait me taquiner avec les joies de la vie en fac. Je l’enviais, mais je refusais de lui donner la satisfaction de le montrer.
Dans l’après-midi, maman m’a textée.
Tu as des nouvelles d’Hayley ?
Non. La loi du silence, entre sœurs, c’était sacré. Son petit ami resterait un secret.
Si tu en as, appelle-moi de suite.
J’ai rangé mon phone. Elle était du genre surprotecteur.
Dès mon retour du hockey, j’ai compris qu’il y avait un loup. Dans l’allée était garée la voiture de ma mère qui ne sortait jamais si tôt du boulot.
La télé était allumée au sous-sol.
Maman la regardait, toute pâle. D’une voix étranglée, elle a dit : « La résidence universitaire m’a appelée. Hayley est partie à un festival de musique. Il y a eu une fusillade. »

Ken Liu
Pensées et prières

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Bifrost n° 97

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Bifrost n° 97

Donc vous voulez que je vous parle d’Hayley. Non, j’ai l’habitude. Enfin, je devrais. On ne s’intéresse jamais qu’à ma sœur.
C’était une journée sinistre et pluvieuse d’octobre ; l’air sentait les feuilles mortes. Les tupélos noirs qui bordaient le terrain de hockey sur gazon avaient rougi, comme une piste d’empreintes de pas sanglantes laissée par un géant.
J’avais une interro de français et je devais prévoir une semaine de menus végans pour quatre personnes en cours de science de la consommation. Vers midi, Hayley m’a textée de Californie.
Je sèche les cours. Q et moi on roule vers le festival là !!!
Je l’ai ignorée. Elle adorait me taquiner avec les joies de la vie en fac. Je l’enviais, mais je refusais de lui donner la satisfaction de le montrer.
Dans l’après-midi, maman m’a textée.
Tu as des nouvelles d’Hayley ?
Non. La loi du silence, entre sœurs, c’était sacré. Son petit ami resterait un secret.
Si tu en as, appelle-moi de suite.
J’ai rangé mon phone. Elle était du genre surprotecteur.
Dès mon retour du hockey, j’ai compris qu’il y avait un loup. Dans l’allée était garée la voiture de ma mère qui ne sortait jamais si tôt du boulot.
La télé était allumée au sous-sol.
Maman la regardait, toute pâle. D’une voix étranglée, elle a dit : « La résidence universitaire m’a appelée. Hayley est partie à un festival de musique. Il y a eu une fusillade. »

Ken Liu
Pensées et prières

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Bifrost n° 96

Revues - Bifrost - 96

Bifrost n° 96

« La matrice tire son origine des jeux d’arcade, dit la voix off, des premiers programmes graphiques et des expériences militaires sur les prises crâniennes. »

Sur le Sony, une guerre cosmique en deux dimensions disparut derrière une forêt de fougères calculées pour démontrer les possibilités spatiales des spirales logarithmiques ; puis défilèrent des images militaires d’un bleu froid, animaux de laboratoire branchés sur des appareils de tests, casques reliés à des commandes de tir de tanks ou d’avions de chasse.?

« Le cyberespace. Une hallucination consensuelle ressentie au quotidien, dans le monde, par des milliards de techniciens autorisés, par des enfants y découvrant des concepts mathématiques… Une représentation graphique des données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain. Une impensable complexité. Des traits lumineux alignés dans le non-espace de l’esprit, des amas et des constellations d’information. Tels les éclairages d’une ville qui s’éloignent… »

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Bifrost n° 96

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Bifrost n° 96

« La matrice tire son origine des jeux d’arcade, dit la voix off, des premiers programmes graphiques et des expériences militaires sur les prises crâniennes. »

Sur le Sony, une guerre cosmique en deux dimensions disparut derrière une forêt de fougères calculées pour démontrer les possibilités spatiales des spirales logarithmiques ; puis défilèrent des images militaires d’un bleu froid, animaux de laboratoire branchés sur des appareils de tests, casques reliés à des commandes de tir de tanks ou d’avions de chasse.?

« Le cyberespace. Une hallucination consensuelle ressentie au quotidien, dans le monde, par des milliards de techniciens autorisés, par des enfants y découvrant des concepts mathématiques… Une représentation graphique des données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain. Une impensable complexité. Des traits lumineux alignés dans le non-espace de l’esprit, des amas et des constellations d’information. Tels les éclairages d’une ville qui s’éloignent… »

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Bifrost n° 95

Revues - Bifrost - 95

Bifrost n° 95

Les entretoises en titane, d’un diamètre de crayon, n’étaient pas conçues pour supporter l’impact. Les parois de pressurisation, minces comme des feuilles de papier, avaient fléchi et éclaté, éparpillant les débris dans le vide et sur un kilomètre carré de sol lunaire.
Un instant avant l’impact, elle avait pensé à vider les réservoirs. Il n’y avait pas eu d’explosion, mais même un atterrissage en douceur aurait détruit le Moonshadow. Dans l’étrange silence, le fragile vaisseau s’était brisé et disloqué telle une canette broyyée.
Elle se redressa sur le sol lunaire gris et regarda alentour. Son ombre s’étalait devant elle, flaque d’encre affectant une forme humaine fantastiquement étirée.
Le site, chaotique, stérile, se présentait en lavis soutenus de gris et de noirs. « Grandeur et désolation », souffla-t-elle. Dans son dos, le Soleil frôlant les montagnes allumait des reflets sur les échardes de titane et d’acier éparpillées sur la plaine grêlée.
Patricia Jay Mulligan considéra ce paysage accablant et s’efforça de retenir ses larmes.

Geoffrey A. Landis
Marche au soleil

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Bifrost n° 95

Revues - Bifrost - 95

Bifrost n° 95

Les entretoises en titane, d’un diamètre de crayon, n’étaient pas conçues pour supporter l’impact. Les parois de pressurisation, minces comme des feuilles de papier, avaient fléchi et éclaté, éparpillant les débris dans le vide et sur un kilomètre carré de sol lunaire.
Un instant avant l’impact, elle avait pensé à vider les réservoirs. Il n’y avait pas eu d’explosion, mais même un atterrissage en douceur aurait détruit le Moonshadow. Dans l’étrange silence, le fragile vaisseau s’était brisé et disloqué telle une canette broyyée.
Elle se redressa sur le sol lunaire gris et regarda alentour. Son ombre s’étalait devant elle, flaque d’encre affectant une forme humaine fantastiquement étirée.
Le site, chaotique, stérile, se présentait en lavis soutenus de gris et de noirs. « Grandeur et désolation », souffla-t-elle. Dans son dos, le Soleil frôlant les montagnes allumait des reflets sur les échardes de titane et d’acier éparpillées sur la plaine grêlée.
Patricia Jay Mulligan considéra ce paysage accablant et s’efforça de retenir ses larmes.

Geoffrey A. Landis
Marche au soleil

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Bifrost n° 94

Revues - Bifrost - 94

Bifrost n° 94

Quelque chose me contraignait à rester là, comme si une main gigantesque se fût posée sur ma nuque. Une idée me traversa l’esprit. Je regardai le soleil et sursautai : quatre ou cinq fois plus gros qu’à l’ordinaire, rouge sang mais pourtant loin de se coucher, il était suspendu à quarante-cinq degrés au dessus de l’horizon. Aucune parcelle de chaleur ne semblait en émaner : cet astre était froid !

D’instinct, j’avais d’abord admis comme allant de soi me trouver toujours sur Terre, mais je comprenais que c’était impossible. J’étais forcément arrivé sur une autre planète, gravitant autour d’un autre soleil — une planète glacée couverte d’une neige née de l’air congelé. La terrible réalité de ma situation me transperça : j’évoluais sur un monde pétrifié sous les rais d’un soleil mort !

John W. Campbell
Le Ciel est mort

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Bifrost n° 94

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Bifrost n° 94

Quelque chose me contraignait à rester là, comme si une main gigantesque se fût posée sur ma nuque. Une idée me traversa l’esprit. Je regardai le soleil et sursautai : quatre ou cinq fois plus gros qu’à l’ordinaire, rouge sang mais pourtant loin de se coucher, il était suspendu à quarante-cinq degrés au dessus de l’horizon. Aucune parcelle de chaleur ne semblait en émaner : cet astre était froid !

D’instinct, j’avais d’abord admis comme allant de soi me trouver toujours sur Terre, mais je comprenais que c’était impossible. J’étais forcément arrivé sur une autre planète, gravitant autour d’un autre soleil — une planète glacée couverte d’une neige née de l’air congelé. La terrible réalité de ma situation me transperça : j’évoluais sur un monde pétrifié sous les rais d’un soleil mort !

John W. Campbell
Le Ciel est mort

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Bifrost n° 93

Revues - Bifrost - 93

Bifrost n° 93

Asante part en hurlant. L’enfer est une chambre de réverbération pleine de cris, d’eau de mer et de chocs métalliques. Des ombres monstrueuses passent sur les cloisons, de la lumière verte ondule et s’entrecroise sur la moindre surface. Telles des créatures qui surgissent d’un lagon brillant, les Sahilites émergent du puits central en ouvrant le feu : le milieu du corps de Rashida explose en une brume sombre, sa moitié supérieure tombe sur le pont. Kito est toujours en train de se traîner vers le fusil à harpon sur le séchoir… comme si un vieil outil de pêche pouvait repousser ces monstres avec leurs flingues, leur air comprimé et leurs petites cartouches qui s’enfoncent loin dans votre chair avant de vous montrer l’effet sur vos intestins de la libération de cinq cents atmosphères.
Asante a moins que ça.
Il n’a que ses poings…

Peter Watts
ZeroS

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Bifrost n° 93

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Bifrost n° 93

Asante part en hurlant. L’enfer est une chambre de réverbération pleine de cris, d’eau de mer et de chocs métalliques. Des ombres monstrueuses passent sur les cloisons, de la lumière verte ondule et s’entrecroise sur la moindre surface. Telles des créatures qui surgissent d’un lagon brillant, les Sahilites émergent du puits central en ouvrant le feu : le milieu du corps de Rashida explose en une brume sombre, sa moitié supérieure tombe sur le pont. Kito est toujours en train de se traîner vers le fusil à harpon sur le séchoir… comme si un vieil outil de pêche pouvait repousser ces monstres avec leurs flingues, leur air comprimé et leurs petites cartouches qui s’enfoncent loin dans votre chair avant de vous montrer l’effet sur vos intestins de la libération de cinq cents atmosphères.
Asante a moins que ça.
Il n’a que ses poings…

Peter Watts
ZeroS

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Bifrost n° 92

Bifrost n° 92

« J’estime que les nouvelles de Sturgeon égalent celles de Maupassant. Elles sont meilleures que celles de O. Henry, de Damon Runyon, de Ring Lardner — vous savez, les plus grands nouvellistes… Je pense qu’elles sont meilleures que celles de Hemingway (les romans de ce dernier, c’est encore autre chose). On parle d’un écrivain de cette stature. Dans la mesure où la nouvelle est un art, Sturgeon est le nouvelliste américain par excellence. Qu’il écrive de la science-fiction relève d’un magnifique accident. »

Samuel R. Delany

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Bifrost n° 92

Revues - Bifrost - 92

Bifrost n° 92

« J’estime que les nouvelles de Sturgeon égalent celles de Maupassant. Elles sont meilleures que celles de O. Henry, de Damon Runyon, de Ring Lardner — vous savez, les plus grands nouvellistes… Je pense qu’elles sont meilleures que celles de Hemingway (les romans de ce dernier, c’est encore autre chose). On parle d’un écrivain de cette stature. Dans la mesure où la nouvelle est un art, Sturgeon est le nouvelliste américain par excellence. Qu’il écrive de la science-fiction relève d’un magnifique accident. »

Samuel R. Delany

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Bifrost n° 91

Revues - Bifrost - 91

Bifrost n° 91

Mon portable vibre. Je paie le taxi.
Je m’époumone : « Les enfants, papa est rentré ! » Un ballon de foot traîne sur la pelouse. Mon téléphone vibre à nouveau. Je regarde l’écran. Liz. J’appuie sur le bouton sans y penser. Je trébuche sur un gant de baseball. La voix dans l’écouteur monte et descend en montagnes russes. 
« Il faut que je te parle. »
Une pointe me traverse le cœur.
« Moi aussi.
– Je ne sais pas à qui le dire. Même Nathan, je ne suis pas sûre qu’il me croirait. » 
Je couvre le micro de la main et crie : « Jérôme ! Charles ! »
« J’ai fait vérifier les données, murmure Liz. J’ai fait amplifier les courbes. Et le résultat est là, presque imperceptible. J’ai refait trois fois les tests. »
Un cri traverse le quartier. Le chien des voisins hurle. Un picotement dans ma nuque. « Charles ! Jérôme ! »
Des sirènes de police percent l’air.

Olivier Caruso
Ex Silentio

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Bifrost n° 91

Revues - Bifrost - 91

Bifrost n° 91

Mon portable vibre. Je paie le taxi.
Je m’époumone : « Les enfants, papa est rentré ! » Un ballon de foot traîne sur la pelouse. Mon téléphone vibre à nouveau. Je regarde l’écran. Liz. J’appuie sur le bouton sans y penser. Je trébuche sur un gant de baseball. La voix dans l’écouteur monte et descend en montagnes russes. 
« Il faut que je te parle. »
Une pointe me traverse le cœur.
« Moi aussi.
– Je ne sais pas à qui le dire. Même Nathan, je ne suis pas sûre qu’il me croirait. » 
Je couvre le micro de la main et crie : « Jérôme ! Charles ! »
« J’ai fait vérifier les données, murmure Liz. J’ai fait amplifier les courbes. Et le résultat est là, presque imperceptible. J’ai refait trois fois les tests. »
Un cri traverse le quartier. Le chien des voisins hurle. Un picotement dans ma nuque. « Charles ! Jérôme ! »
Des sirènes de police percent l’air.

Olivier Caruso
Ex Silentio

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Bifrost n° 90

Revues - Bifrost - 90

Bifrost n° 90

Le film se déroulait dans mon esprit, clair comme de l’eau de roche, et je me retrouvais dans la cellule 14 de la Fusée Quatre tandis que les minutes s’égrenaient et que les parois vibraient chaque fois qu’avait lieu l’explosion qui lançait l’un des engins ; les dix hommes dont je faisais partie patientaient là, dans leur hamac, prisonniers à l’intérieur de cette boîte de métal sans fenêtres et de forme bizarre. On attendit jusqu’au moment où l’énorme main de géant s’abattit sur nous et que son soufflet nous enfonce dans les ressorts de nos couchettes, nous écrasant à nous étouffer, alors qu’on luttait pour respirer, que le sang nous rugissait dans la tête, que notre estomac se soulevait en dépit de toutes les pilules qu’on nous avait fait ingurgiter et qu’on entendait rire le géant. Broum ! Broum ! Broum !
Il semblait que ces soufflets ne s’arrêteraient jamais ; ils nous martelaient le ventre, nous coupaient le souffle ; on entendait vomir un gars, un autre sanglotait et le Broum ! Broum ! meurtrier riait toujours. Puis le géant cessa de rire, de nous souffleter, et on sentit à nouveau ce corps douloureux et tremblant qu’on était surpris de redécouvrir. Walter Millis jura tout son saoul dans le hamac au-dessous de moi, Breck Jergen, notre sergent d’alors, se débarrassa péniblement de son harnais pour venir voir où nous en étions, puis, dans le brouhaha, une voix faible, cassée, annonça, hésitante : « Breck, je crois que je suis blessé… »

Edmond Hamilton
Comment c’est là-haut ?

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Le film se déroulait dans mon esprit, clair comme de l’eau de roche, et je me retrouvais dans la cellule 14 de la Fusée Quatre tandis que les minutes s’égrenaient et que les parois vibraient chaque fois qu’avait lieu l’explosion qui lançait l’un des engins ; les dix hommes dont je faisais partie patientaient là, dans leur hamac, prisonniers à l’intérieur de cette boîte de métal sans fenêtres et de forme bizarre. On attendit jusqu’au moment où l’énorme main de géant s’abattit sur nous et que son soufflet nous enfonce dans les ressorts de nos couchettes, nous écrasant à nous étouffer, alors qu’on luttait pour respirer, que le sang nous rugissait dans la tête, que notre estomac se soulevait en dépit de toutes les pilules qu’on nous avait fait ingurgiter et qu’on entendait rire le géant. Broum ! Broum ! Broum !
Il semblait que ces soufflets ne s’arrêteraient jamais ; ils nous martelaient le ventre, nous coupaient le souffle ; on entendait vomir un gars, un autre sanglotait et le Broum ! Broum ! meurtrier riait toujours. Puis le géant cessa de rire, de nous souffleter, et on sentit à nouveau ce corps douloureux et tremblant qu’on était surpris de redécouvrir. Walter Millis jura tout son saoul dans le hamac au-dessous de moi, Breck Jergen, notre sergent d’alors, se débarrassa péniblement de son harnais pour venir voir où nous en étions, puis, dans le brouhaha, une voix faible, cassée, annonça, hésitante : « Breck, je crois que je suis blessé… »

Edmond Hamilton
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