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140 résultats pour « bifrost »

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Bifrost n° 95

Revues - Bifrost - 95

Bifrost n° 95

Les entretoises en titane, d’un diamètre de crayon, n’étaient pas conçues pour supporter l’impact. Les parois de pressurisation, minces comme des feuilles de papier, avaient fléchi et éclaté, éparpillant les débris dans le vide et sur un kilomètre carré de sol lunaire.
Un instant avant l’impact, elle avait pensé à vider les réservoirs. Il n’y avait pas eu d’explosion, mais même un atterrissage en douceur aurait détruit le Moonshadow. Dans l’étrange silence, le fragile vaisseau s’était brisé et disloqué telle une canette broyyée.
Elle se redressa sur le sol lunaire gris et regarda alentour. Son ombre s’étalait devant elle, flaque d’encre affectant une forme humaine fantastiquement étirée.
Le site, chaotique, stérile, se présentait en lavis soutenus de gris et de noirs. « Grandeur et désolation », souffla-t-elle. Dans son dos, le Soleil frôlant les montagnes allumait des reflets sur les échardes de titane et d’acier éparpillées sur la plaine grêlée.
Patricia Jay Mulligan considéra ce paysage accablant et s’efforça de retenir ses larmes.

Geoffrey A. Landis
Marche au soleil

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Bifrost n° 95

Revues - Bifrost - 95

Bifrost n° 95

Les entretoises en titane, d’un diamètre de crayon, n’étaient pas conçues pour supporter l’impact. Les parois de pressurisation, minces comme des feuilles de papier, avaient fléchi et éclaté, éparpillant les débris dans le vide et sur un kilomètre carré de sol lunaire.
Un instant avant l’impact, elle avait pensé à vider les réservoirs. Il n’y avait pas eu d’explosion, mais même un atterrissage en douceur aurait détruit le Moonshadow. Dans l’étrange silence, le fragile vaisseau s’était brisé et disloqué telle une canette broyyée.
Elle se redressa sur le sol lunaire gris et regarda alentour. Son ombre s’étalait devant elle, flaque d’encre affectant une forme humaine fantastiquement étirée.
Le site, chaotique, stérile, se présentait en lavis soutenus de gris et de noirs. « Grandeur et désolation », souffla-t-elle. Dans son dos, le Soleil frôlant les montagnes allumait des reflets sur les échardes de titane et d’acier éparpillées sur la plaine grêlée.
Patricia Jay Mulligan considéra ce paysage accablant et s’efforça de retenir ses larmes.

Geoffrey A. Landis
Marche au soleil

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Bifrost n° 94

Revues - Bifrost - 94

Bifrost n° 94

Quelque chose me contraignait à rester là, comme si une main gigantesque se fût posée sur ma nuque. Une idée me traversa l’esprit. Je regardai le soleil et sursautai : quatre ou cinq fois plus gros qu’à l’ordinaire, rouge sang mais pourtant loin de se coucher, il était suspendu à quarante-cinq degrés au dessus de l’horizon. Aucune parcelle de chaleur ne semblait en émaner : cet astre était froid !

D’instinct, j’avais d’abord admis comme allant de soi me trouver toujours sur Terre, mais je comprenais que c’était impossible. J’étais forcément arrivé sur une autre planète, gravitant autour d’un autre soleil — une planète glacée couverte d’une neige née de l’air congelé. La terrible réalité de ma situation me transperça : j’évoluais sur un monde pétrifié sous les rais d’un soleil mort !

John W. Campbell
Le Ciel est mort

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Bifrost n° 94

Revues - Bifrost - 94

Bifrost n° 94

Quelque chose me contraignait à rester là, comme si une main gigantesque se fût posée sur ma nuque. Une idée me traversa l’esprit. Je regardai le soleil et sursautai : quatre ou cinq fois plus gros qu’à l’ordinaire, rouge sang mais pourtant loin de se coucher, il était suspendu à quarante-cinq degrés au dessus de l’horizon. Aucune parcelle de chaleur ne semblait en émaner : cet astre était froid !

D’instinct, j’avais d’abord admis comme allant de soi me trouver toujours sur Terre, mais je comprenais que c’était impossible. J’étais forcément arrivé sur une autre planète, gravitant autour d’un autre soleil — une planète glacée couverte d’une neige née de l’air congelé. La terrible réalité de ma situation me transperça : j’évoluais sur un monde pétrifié sous les rais d’un soleil mort !

John W. Campbell
Le Ciel est mort

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Bifrost n° 93

Revues - Bifrost - 93

Bifrost n° 93

Asante part en hurlant. L’enfer est une chambre de réverbération pleine de cris, d’eau de mer et de chocs métalliques. Des ombres monstrueuses passent sur les cloisons, de la lumière verte ondule et s’entrecroise sur la moindre surface. Telles des créatures qui surgissent d’un lagon brillant, les Sahilites émergent du puits central en ouvrant le feu : le milieu du corps de Rashida explose en une brume sombre, sa moitié supérieure tombe sur le pont. Kito est toujours en train de se traîner vers le fusil à harpon sur le séchoir… comme si un vieil outil de pêche pouvait repousser ces monstres avec leurs flingues, leur air comprimé et leurs petites cartouches qui s’enfoncent loin dans votre chair avant de vous montrer l’effet sur vos intestins de la libération de cinq cents atmosphères.
Asante a moins que ça.
Il n’a que ses poings…

Peter Watts
ZeroS

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Bifrost n° 93

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Bifrost n° 93

Asante part en hurlant. L’enfer est une chambre de réverbération pleine de cris, d’eau de mer et de chocs métalliques. Des ombres monstrueuses passent sur les cloisons, de la lumière verte ondule et s’entrecroise sur la moindre surface. Telles des créatures qui surgissent d’un lagon brillant, les Sahilites émergent du puits central en ouvrant le feu : le milieu du corps de Rashida explose en une brume sombre, sa moitié supérieure tombe sur le pont. Kito est toujours en train de se traîner vers le fusil à harpon sur le séchoir… comme si un vieil outil de pêche pouvait repousser ces monstres avec leurs flingues, leur air comprimé et leurs petites cartouches qui s’enfoncent loin dans votre chair avant de vous montrer l’effet sur vos intestins de la libération de cinq cents atmosphères.
Asante a moins que ça.
Il n’a que ses poings…

Peter Watts
ZeroS

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Bifrost n° 92

Bifrost n° 92

« J’estime que les nouvelles de Sturgeon égalent celles de Maupassant. Elles sont meilleures que celles de O. Henry, de Damon Runyon, de Ring Lardner — vous savez, les plus grands nouvellistes… Je pense qu’elles sont meilleures que celles de Hemingway (les romans de ce dernier, c’est encore autre chose). On parle d’un écrivain de cette stature. Dans la mesure où la nouvelle est un art, Sturgeon est le nouvelliste américain par excellence. Qu’il écrive de la science-fiction relève d’un magnifique accident. »

Samuel R. Delany

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Bifrost n° 92

Bifrost n° 92

« J’estime que les nouvelles de Sturgeon égalent celles de Maupassant. Elles sont meilleures que celles de O. Henry, de Damon Runyon, de Ring Lardner — vous savez, les plus grands nouvellistes… Je pense qu’elles sont meilleures que celles de Hemingway (les romans de ce dernier, c’est encore autre chose). On parle d’un écrivain de cette stature. Dans la mesure où la nouvelle est un art, Sturgeon est le nouvelliste américain par excellence. Qu’il écrive de la science-fiction relève d’un magnifique accident. »

Samuel R. Delany

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Bifrost n° 91

Revues - Bifrost - 91

Bifrost n° 91

Mon portable vibre. Je paie le taxi.
Je m’époumone : « Les enfants, papa est rentré ! » Un ballon de foot traîne sur la pelouse. Mon téléphone vibre à nouveau. Je regarde l’écran. Liz. J’appuie sur le bouton sans y penser. Je trébuche sur un gant de baseball. La voix dans l’écouteur monte et descend en montagnes russes. 
« Il faut que je te parle. »
Une pointe me traverse le cœur.
« Moi aussi.
– Je ne sais pas à qui le dire. Même Nathan, je ne suis pas sûre qu’il me croirait. » 
Je couvre le micro de la main et crie : « Jérôme ! Charles ! »
« J’ai fait vérifier les données, murmure Liz. J’ai fait amplifier les courbes. Et le résultat est là, presque imperceptible. J’ai refait trois fois les tests. »
Un cri traverse le quartier. Le chien des voisins hurle. Un picotement dans ma nuque. « Charles ! Jérôme ! »
Des sirènes de police percent l’air.

Olivier Caruso
Ex Silentio

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Bifrost n° 91

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Bifrost n° 91

Mon portable vibre. Je paie le taxi.
Je m’époumone : « Les enfants, papa est rentré ! » Un ballon de foot traîne sur la pelouse. Mon téléphone vibre à nouveau. Je regarde l’écran. Liz. J’appuie sur le bouton sans y penser. Je trébuche sur un gant de baseball. La voix dans l’écouteur monte et descend en montagnes russes. 
« Il faut que je te parle. »
Une pointe me traverse le cœur.
« Moi aussi.
– Je ne sais pas à qui le dire. Même Nathan, je ne suis pas sûre qu’il me croirait. » 
Je couvre le micro de la main et crie : « Jérôme ! Charles ! »
« J’ai fait vérifier les données, murmure Liz. J’ai fait amplifier les courbes. Et le résultat est là, presque imperceptible. J’ai refait trois fois les tests. »
Un cri traverse le quartier. Le chien des voisins hurle. Un picotement dans ma nuque. « Charles ! Jérôme ! »
Des sirènes de police percent l’air.

Olivier Caruso
Ex Silentio

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Bifrost n° 90

Revues - Bifrost - 90

Bifrost n° 90

Le film se déroulait dans mon esprit, clair comme de l’eau de roche, et je me retrouvais dans la cellule 14 de la Fusée Quatre tandis que les minutes s’égrenaient et que les parois vibraient chaque fois qu’avait lieu l’explosion qui lançait l’un des engins ; les dix hommes dont je faisais partie patientaient là, dans leur hamac, prisonniers à l’intérieur de cette boîte de métal sans fenêtres et de forme bizarre. On attendit jusqu’au moment où l’énorme main de géant s’abattit sur nous et que son soufflet nous enfonce dans les ressorts de nos couchettes, nous écrasant à nous étouffer, alors qu’on luttait pour respirer, que le sang nous rugissait dans la tête, que notre estomac se soulevait en dépit de toutes les pilules qu’on nous avait fait ingurgiter et qu’on entendait rire le géant. Broum ! Broum ! Broum !
Il semblait que ces soufflets ne s’arrêteraient jamais ; ils nous martelaient le ventre, nous coupaient le souffle ; on entendait vomir un gars, un autre sanglotait et le Broum ! Broum ! meurtrier riait toujours. Puis le géant cessa de rire, de nous souffleter, et on sentit à nouveau ce corps douloureux et tremblant qu’on était surpris de redécouvrir. Walter Millis jura tout son saoul dans le hamac au-dessous de moi, Breck Jergen, notre sergent d’alors, se débarrassa péniblement de son harnais pour venir voir où nous en étions, puis, dans le brouhaha, une voix faible, cassée, annonça, hésitante : « Breck, je crois que je suis blessé… »

Edmond Hamilton
Comment c’est là-haut ?

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Bifrost n° 90

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Le film se déroulait dans mon esprit, clair comme de l’eau de roche, et je me retrouvais dans la cellule 14 de la Fusée Quatre tandis que les minutes s’égrenaient et que les parois vibraient chaque fois qu’avait lieu l’explosion qui lançait l’un des engins ; les dix hommes dont je faisais partie patientaient là, dans leur hamac, prisonniers à l’intérieur de cette boîte de métal sans fenêtres et de forme bizarre. On attendit jusqu’au moment où l’énorme main de géant s’abattit sur nous et que son soufflet nous enfonce dans les ressorts de nos couchettes, nous écrasant à nous étouffer, alors qu’on luttait pour respirer, que le sang nous rugissait dans la tête, que notre estomac se soulevait en dépit de toutes les pilules qu’on nous avait fait ingurgiter et qu’on entendait rire le géant. Broum ! Broum ! Broum !
Il semblait que ces soufflets ne s’arrêteraient jamais ; ils nous martelaient le ventre, nous coupaient le souffle ; on entendait vomir un gars, un autre sanglotait et le Broum ! Broum ! meurtrier riait toujours. Puis le géant cessa de rire, de nous souffleter, et on sentit à nouveau ce corps douloureux et tremblant qu’on était surpris de redécouvrir. Walter Millis jura tout son saoul dans le hamac au-dessous de moi, Breck Jergen, notre sergent d’alors, se débarrassa péniblement de son harnais pour venir voir où nous en étions, puis, dans le brouhaha, une voix faible, cassée, annonça, hésitante : « Breck, je crois que je suis blessé… »

Edmond Hamilton
Comment c’est là-haut ?

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Bifrost n° 89

Revues - Bifrost - 89

Bifrost n° 89

MARTIN SE RÉVEILLA dans un vaste lit blanc, aux côtés d’une brune endormie qui portait une nuisette en dentelle blanche. Il ne connaissait ni cette pièce, ni cette femme.
Lentement, il se redressa sur son séant, dans l’attente de la douleur. Celle-ci brillant par son absence, il posa la main sur l’épaule de la dormeuse qui tressaillit, sans se réveiller ; ce léger mouvement lui fit retirer sa main, qu’il contempla — des doigts roses, robustes.
Son alliance avait disparu…

Nancy Kress
Martin le mercredi

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Bifrost n° 89

MARTIN SE RÉVEILLA dans un vaste lit blanc, aux côtés d’une brune endormie qui portait une nuisette en dentelle blanche. Il ne connaissait ni cette pièce, ni cette femme.
Lentement, il se redressa sur son séant, dans l’attente de la douleur. Celle-ci brillant par son absence, il posa la main sur l’épaule de la dormeuse qui tressaillit, sans se réveiller ; ce léger mouvement lui fit retirer sa main, qu’il contempla — des doigts roses, robustes.
Son alliance avait disparu…

Nancy Kress
Martin le mercredi

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Bifrost n° 88

Revues - Bifrost - 88

Bifrost n° 88

Debout dans la salle de bain, Adam récita l’incantation griffonnée sur la serviette en papier, s’attendant presque à voir quelque apparition au regard mauvais prendre sa place dans la glace une fois la dernière syllabe prononcée. Dans son cou, la clapet se courba puis se détacha dans un petit bruit sec. Adam se saisit de la plaque de peau avant qu’elle ne tombe et la déposa sur une feuille d’essuie-tout bien propre. Il avait du mal à voir l’intérieur de l’ouverture, tout en n’étant pas certain de le vouloir véritablement, mais il trouva le port au toucher sans souci. Il retourna dans la chambre, prit la carte mémoire sur la table de nuit avant de s’allonger, prenant soin de baisser l’intensité des lumières.
[…] Adam positionna la carte mémoire.

Greg Egan
La Vallée de l’étrange

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Bifrost n° 88

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Bifrost n° 88

Debout dans la salle de bain, Adam récita l’incantation griffonnée sur la serviette en papier, s’attendant presque à voir quelque apparition au regard mauvais prendre sa place dans la glace une fois la dernière syllabe prononcée. Dans son cou, la clapet se courba puis se détacha dans un petit bruit sec. Adam se saisit de la plaque de peau avant qu’elle ne tombe et la déposa sur une feuille d’essuie-tout bien propre. Il avait du mal à voir l’intérieur de l’ouverture, tout en n’étant pas certain de le vouloir véritablement, mais il trouva le port au toucher sans souci. Il retourna dans la chambre, prit la carte mémoire sur la table de nuit avant de s’allonger, prenant soin de baisser l’intensité des lumières.
[…] Adam positionna la carte mémoire.

Greg Egan
La Vallée de l’étrange

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Bifrost n° 87

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Bifrost n° 87

MARSHALL GROVE était né dans Borough, en une année où les démo-lisseurs avaient, on ne sait en obéissance à quel ordre municipal, cessé de manier, dans ce vieux et pittoresque quartier, le fer et le juron. Au fait, l’épicerie paternelle où il vit le jour, parmi les barils de mélasse, les régimes de millet et les bocaux de marinades, se trouvait à l’angle de Marshallsea Street et d’une venelle sans nom où ne s’ouvraient que d’antiques remises. Son père, Sol Grove, qui avait les mauvais payeurs en horreur, déplorait de tout son coeur sec et honnête la disparition de la vieille prison pour dettes : la Marshall Sea, et c’était par double estime pour cette geôle de la justice financière et de la rue qui abritait son négoce, qu’il donna à son fils le nom de Marshall, au mépris du parrain, Jérémiah Tulkes, qui aurait voulu éterniser son honorable prénom au moyen de la descendance des Grove.

Jean Ray
L’Histoire de Marshall Grove

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Bifrost n° 87

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Bifrost n° 87

MARSHALL GROVE était né dans Borough, en une année où les démo-lisseurs avaient, on ne sait en obéissance à quel ordre municipal, cessé de manier, dans ce vieux et pittoresque quartier, le fer et le juron. Au fait, l’épicerie paternelle où il vit le jour, parmi les barils de mélasse, les régimes de millet et les bocaux de marinades, se trouvait à l’angle de Marshallsea Street et d’une venelle sans nom où ne s’ouvraient que d’antiques remises. Son père, Sol Grove, qui avait les mauvais payeurs en horreur, déplorait de tout son coeur sec et honnête la disparition de la vieille prison pour dettes : la Marshall Sea, et c’était par double estime pour cette geôle de la justice financière et de la rue qui abritait son négoce, qu’il donna à son fils le nom de Marshall, au mépris du parrain, Jérémiah Tulkes, qui aurait voulu éterniser son honorable prénom au moyen de la descendance des Grove.

Jean Ray
L’Histoire de Marshall Grove

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Bifrost n° 86

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Bifrost n° 86

Aujourd’hui maman m’a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J’ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu’est-ce que c’est qu’un monstre. Aujourd’hui de l’eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j’ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l’eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu l’eau et elle a rendu du sale. Je n’ai pas aimé.
Maman est jolie je sais. Ici dans l’endroit où je dors avec tout autour des murs qui font froid j’ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d’autres mamans. Papa dit qu’elles sont jolies. Une fois il l’a dit.
Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu’un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J’ai attrapé son bras et j’ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher.
Aujourd’hui maman m’a détaché un peu de la chaîne et j’ai pu aller voir dans la petite fenêtre. C’est comme ça que j’ai vu la terre boire l’eau de là-haut…

Richard Matheson
Journal d’un monstre

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Bifrost n° 86

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Bifrost n° 86

Aujourd’hui maman m’a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J’ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu’est-ce que c’est qu’un monstre. Aujourd’hui de l’eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j’ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l’eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu l’eau et elle a rendu du sale. Je n’ai pas aimé.
Maman est jolie je sais. Ici dans l’endroit où je dors avec tout autour des murs qui font froid j’ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d’autres mamans. Papa dit qu’elles sont jolies. Une fois il l’a dit.
Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu’un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J’ai attrapé son bras et j’ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher.
Aujourd’hui maman m’a détaché un peu de la chaîne et j’ai pu aller voir dans la petite fenêtre. C’est comme ça que j’ai vu la terre boire l’eau de là-haut…

Richard Matheson
Journal d’un monstre

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Bifrost n° 85

Revues - Bifrost - 85

Bifrost n° 85

Sorn n’a plus faim depuis longtemps.

Il se contente de survivre à l’absence ; par-delà quelques parsecs, loin de ce monde en périphérie de la nébuleuse N-24 où il vient d’atterrir, elle s’en est allée au creux de l’espace noir.

Et souvent elle vient lui sourire dans ses pseudorêves.

Naëva est là, au sommet d’une vieille colline. Elle l’attendait depuis son dernier passage et la jeune femme n’a montré aucun signe d’impatience. Tous deux se retrouvent ainsi dans la lumière mordorée d’un soir ; un air doux glisse sur cet endroit qu’il ne connaît pas vraiment, toujours un peu le même d’une fois à l’autre, jamais tout à fait différent. Le Temps n’existe pas. Il y a un soleil rouge accroché au fond jauni du ciel. Lorsque Sorn le veut bien, il peut apercevoir des arbres grèges qui pointillent les champs nus, là-bas, aux franges brumeuses des grandes vallées…

Thierry Di Rollo
Proscenium

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Bifrost n° 85

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Bifrost n° 85

Sorn n’a plus faim depuis longtemps.

Il se contente de survivre à l’absence ; par-delà quelques parsecs, loin de ce monde en périphérie de la nébuleuse N-24 où il vient d’atterrir, elle s’en est allée au creux de l’espace noir.

Et souvent elle vient lui sourire dans ses pseudorêves.

Naëva est là, au sommet d’une vieille colline. Elle l’attendait depuis son dernier passage et la jeune femme n’a montré aucun signe d’impatience. Tous deux se retrouvent ainsi dans la lumière mordorée d’un soir ; un air doux glisse sur cet endroit qu’il ne connaît pas vraiment, toujours un peu le même d’une fois à l’autre, jamais tout à fait différent. Le Temps n’existe pas. Il y a un soleil rouge accroché au fond jauni du ciel. Lorsque Sorn le veut bien, il peut apercevoir des arbres grèges qui pointillent les champs nus, là-bas, aux franges brumeuses des grandes vallées…

Thierry Di Rollo
Proscenium

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Bifrost n° 84

Revues - Bifrost - 84

Bifrost n° 84

Sa progression était particulièrement ardue. Son cheval vacillait en tentant de franchir les rigoles, glissant sur des pentes instables, heurtant des arbres dont les branches lacéraient le visage et les mains de son cavalier. On n’y voyait rien devant soi et les éclairs étaient plus une gêne qu’un avantage. Reynolds avançait à travers un enfer de feu et de fureur, aveuglé, étourdi et frappé par l’assaut cataclysmique des éléments déchaînés. La nature avait cédé à la folie, manifestations saturnales dans laquelle toute notion de lieu et de temps était devenue indistincte. Une langue blanche, aveuglante, darda depuis les cieux noirs avec un craquement retentissant. Un chêne noueux vola en éclats. Le cheval se cabra en hennissant, trébucha parmi les rochers et les buissons. Une branche heurta la tête de Reynolds, qui bascula sur son arçon de selle, sonné, et ne resta assis que par pur instinct…

Robert E. Howard
Les Eaux en furie

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Bifrost n° 84

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Bifrost n° 84

Sa progression était particulièrement ardue. Son cheval vacillait en tentant de franchir les rigoles, glissant sur des pentes instables, heurtant des arbres dont les branches lacéraient le visage et les mains de son cavalier. On n’y voyait rien devant soi et les éclairs étaient plus une gêne qu’un avantage. Reynolds avançait à travers un enfer de feu et de fureur, aveuglé, étourdi et frappé par l’assaut cataclysmique des éléments déchaînés. La nature avait cédé à la folie, manifestations saturnales dans laquelle toute notion de lieu et de temps était devenue indistincte. Une langue blanche, aveuglante, darda depuis les cieux noirs avec un craquement retentissant. Un chêne noueux vola en éclats. Le cheval se cabra en hennissant, trébucha parmi les rochers et les buissons. Une branche heurta la tête de Reynolds, qui bascula sur son arçon de selle, sonné, et ne resta assis que par pur instinct…

Robert E. Howard
Les Eaux en furie

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Bifrost n° 83

Revues - Bifrost - 83

Bifrost n° 83

Un épi de blé noir sur fond rouge. L’épi s’étirait en amande pointue, on ne pouvait s’empêcher de penser à la lame d’une épée. Sable sur lit de gueule, Merlin ne connaissait pas les mots, il ne savait rien de l’héraldique, il ne savait rien du monde. Le dessin très stylisé se trouvait sur un rectangle de tissu synthétique, un drapeau attaché à la lance d’un equites abattu.
En voyant le dessin au bout de la lance couchée de ce garçon que Marie, la sage Marie avait allongé d’une balle en pleine tête, il se souvient d’avoir formulé ces mots à voix haute pour la première fois : la dame des moissons, avec un frisson de peur et de fascination comme s’il avait été capable alors de distinguer dans l’avenir son propre chemin, ses propres transformations. Les autres restaientsaisis par l’arrivée soudaine des quatre puppies, et la surprise d’avoir vu l’equites sortir du chemin, sa lance accrochée au dos portant l’étendard de l’épi. Celui-là avait failli les avoir tous, jusqu’au sacrifice d’Ishmaël…

Laurent Kloetzer
La Confirmation

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Bifrost n° 83

Revues - Bifrost - 83

Bifrost n° 83

Un épi de blé noir sur fond rouge. L’épi s’étirait en amande pointue, on ne pouvait s’empêcher de penser à la lame d’une épée. Sable sur lit de gueule, Merlin ne connaissait pas les mots, il ne savait rien de l’héraldique, il ne savait rien du monde. Le dessin très stylisé se trouvait sur un rectangle de tissu synthétique, un drapeau attaché à la lance d’un equites abattu.
En voyant le dessin au bout de la lance couchée de ce garçon que Marie, la sage Marie avait allongé d’une balle en pleine tête, il se souvient d’avoir formulé ces mots à voix haute pour la première fois : la dame des moissons, avec un frisson de peur et de fascination comme s’il avait été capable alors de distinguer dans l’avenir son propre chemin, ses propres transformations. Les autres restaientsaisis par l’arrivée soudaine des quatre puppies, et la surprise d’avoir vu l’equites sortir du chemin, sa lance accrochée au dos portant l’étendard de l’épi. Celui-là avait failli les avoir tous, jusqu’au sacrifice d’Ishmaël…

Laurent Kloetzer
La Confirmation

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Bifrost - 20 ans… 20 nouvelles !

Bifrost - 20 ans… 20 nouvelles !

Bifrost, ça n’est pas moins de 282 nouvelles, dues aux plumes de 127 auteurs, publiées au fil de 85 numéros (en comptant les hors-séries). Et, soyez-en sûr, ça n’est pas fini !

Pour célébrer nos 20 ans, nous vous offrons une sélection des meilleurs récits publiés dans Bifrost : 20 nouvelles, à raison d'une par année d'existence de votre revue préférée. Au sommaire, les littératures de l'imaginaire sous toutes leurs formes !

Cette anthologie numérique sera disponible du 22 avril jusqu'au 8 juillet.

Épuisé  

Bifrost HS : la science-fiction en bande dessinée

Bifrost HS : la science-fiction en bande dessinée

La revue des mondes imaginaires fait péter les bulles pour ses 20 ans : de Flash Gordon aux univers Marvel, d’Aldébaran aux Watchmen en passant par Lone Sloane et Akira : découvrez les univers de la bande dessinée de science-fiction dans un hors-série encyclopédique tout en couleurs !

Gratuit  

Bifrost n° 82

Revues - Bifrost - 82

Bifrost n° 82

Il y aura des gens pour vous affirmer que l’habit fait le moine et, en général, ils ont tort. Toutefois, il serait justifié de dire que, quand le jeune marquis en devenir avait enfilé ce manteau pour la toute première fois, se contemplant dans le miroir, il s’était alors redressé et sa posture modifiée tant il savait, à observer son reflet, que le personnage qui arborait un tel manteau n’était pas un adolescent quelconque, pas un quelconque chapardeur et trafiquant de faveurs. Le garçon revêtu du manteau qui, à l’époque, était trop grand pour lui, avait souri à son image et s’était remémoré une illustration vue dans un livre : le chat d’un meunier dressé sur ses deux pattes de derrière. Un chat décidé, habillé d’un beau manteau et de grandes et fières bottes. Aussi s’était-il attribué un nom. Un tel manteau, il le savait, était d’un genre que ne pouvait porter que le marquis de Carabas…

Neil Gaiman
Comment le marquis retrouva son manteau

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Il y aura des gens pour vous affirmer que l’habit fait le moine et, en général, ils ont tort. Toutefois, il serait justifié de dire que, quand le jeune marquis en devenir avait enfilé ce manteau pour la toute première fois, se contemplant dans le miroir, il s’était alors redressé et sa posture modifiée tant il savait, à observer son reflet, que le personnage qui arborait un tel manteau n’était pas un adolescent quelconque, pas un quelconque chapardeur et trafiquant de faveurs. Le garçon revêtu du manteau qui, à l’époque, était trop grand pour lui, avait souri à son image et s’était remémoré une illustration vue dans un livre : le chat d’un meunier dressé sur ses deux pattes de derrière. Un chat décidé, habillé d’un beau manteau et de grandes et fières bottes. Aussi s’était-il attribué un nom. Un tel manteau, il le savait, était d’un genre que ne pouvait porter que le marquis de Carabas…

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